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Microfinance – Les agences à court de liquidités

Le  risque  de  faillite  plane  sur  les  institutions  de  micro­finance  selon  les  professionnels  du  secteur,  hier.

L’accès au crédit au niveau des institutions de microfinance périclite. En cause le refus généralisé de remboursement des emprunts en raison de la crise.

L a crise sanitaire se mue en marasme financier. Asphyxiées par un accroissement du refus de remboursement de la part de leurs emprunteurs, seize institutions de microfinance ont lancé un SOS dans la matinée d’hier. « Les gens à qui a été prêté de l’argent opposent une déclaration officielle télévisée dans le cadre de la crise liée au coronavirus pour refuser catégoriquement de rembourser leurs emprunts à temps. Cette déclaration est comprise de travers car elle ne concerne en réalité que le crédit immobilier et le crédit à la consommation. Or, il n’y a jamais eu aucune concertation entre l’État et les institutions de microfinance par rapport à un quelconque report ou une cessation de remboursement. Si chaque emprunteur ne remet pas aux institutions de microfinance ce qui lui a été prêté, les autres déposants ne peuvent rien récupérer. C’est la crise financière se traduisant par l’insuffisance de l’argent disponible en circulation. Pour cause de revenus gelés et de projets anéantis, des emprunteurs deviennent insolvables et ne remboursent pas les emprunts », soutient Mahefa Edouard Randriamiarisoa, directeur général de l’Acep, une institution de microfinance.

Blocage

l’association professionnelle des institutions de microfinance ou Apimf, un financement de la part de l’État pour renflouer le manque à gagner est attendu. Cette opération est prévue passer par le biais de la Banky Foiben’i Madagasikara ou BFM, la Banque centrale.

« On a entendu dire que la Banque centrale pourrait venir en aide aux institutions de microfinance à travers la mise à leur disposition d’une ligne de crédit à très faible taux », indique Mahefa Edouard Randriamiarisoa.

Consulté hier soir, le gouverneur de la Banque centrale, Henri Edmond Rabarijohn est formel. Selon lui, « la BFM met à la disposition des banques commerciales une ligne de refinancement à taux extrêmement concessionnel leur permettant de prêter aux Institutions de microfinance ou IMF à un taux compétitif. Cette facilité a été portée à la connaissance des IMF à travers l’Apimf. Il appartient ainsi aux IMF d’approcher la banque commerciale de leur choix afin de bénéficier de cette facilité ».

Pour la secrétaire générale de l’Apimf, Fanjaharivola Rakotomaharo, « il est impossible pour les IMF d’être solvables vis-à-vis des banques auprès desquelles des emprunts ont été contractés pour financer les crédits octroyés aux demandeurs avant la crise. Ces derniers ne remboursent pas et sont soit des ruraux soit des personnes travaillant dans le secteur informel».

Pour Mahefa Edouard Randriamiarisoa, « déjà en temps normal, 40 % des crédits ne sont pas remboursés. Les banques prêtent aux institutions de microfinance à un taux d’intérêt moyen de 13 %. Cet argent est ensuite prêté par l’institution de microfinance à un demandeur de crédit à un taux d’intérêt de 18%. La situation actuelle va mener les institutions de microfinance à la faillite et pénalise leurs usagers ».

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