Notes du passé

Le plus cher coût de la vie de Madagascar

Nosy Be, en 1955, est l’un des grands ports de Madagascar, magnifiquement doté par la nature. Elle se développe en grande partie par ses propres moyens.

L’établissement prévu d’un plan d’urbanisme permettra un développement harmonieux de la ville que viendrait heureusement compléter un équipement hôtelier moderne. L’Ile aux Parfums qui utilise au maximum ses deux atouts majeurs, la richesse de son sol et les beautés de ses sites, peut regarder l’avenir avec confiance. De mai à octobre, elle peut notamment offrir aux touristes bien des satisfactions.

En 1955, le secrétaire général de l ’Office du tourisme de Madagascar, la dépeint, dans un dépliant publicitaire, en débutant par l’itinéraire à suivre à partir de la capitale, pour y arriver. « C’est un avion d’Air France, remontant vers le Nord, qui conduit à ce Paradis terrestre formé par l’ile de Nosy Be et ses satellites. Après l’ escale d’Ambanja, la baie de Nosy Be s’étale, encadré de collines et d’iles recouvertes de verdure, des sommets jusqu’au bleu de la mer. »

Une réalité l’interpelle cependant, et il se demande « pourquoi cette baie, l’une des plus belles du monde, que cette rade, l’une des plus sûres », soit délaissée par les touristes, alors qu’avant la guerre, Nosy Be a été le seul point de Madagascar touché par les croisières maritimes, américaines ou autres. En effet, un premier bateau de touristes américains touche l’Ile Parfumée, en 1927. « L’accueil reçu et le contentement des voyageurs encouragèrent l’agence organisatrice qui récidive et, sauf erreur, les croisières se succédèrent plus ou moins espacées jusqu’en 1939. »

Satisfaits, ils le sont vraiment par ce qu’ils y trouvent. À savoir une mer calme, une eau claire, limpide, qui incite à tous les jeux nautiques, un pays enchanteur dont le rivage n’est qu’une succession de plages tahitiennes. Et le secrétaire général de l’Office du tourisme de Madagascar cite Ambatoloaka, Ambondrona, Dzamandzar, Andilana, Kalampo, autant de noms qui évoquent « les cocotiers bulbeux en robant de charmants petits villages de pêcheurs », des plages de sable fin.

Dans les fonds marins, les vasques de corail sont autant d’abris de poissons aussi divers que de couleurs, tandis que sur les plages, il fait bon «  se dorer au soleil, s’étendre à l’ombre des palmes, marcher à marée basse sur le sable ferme et humide où les tracés de pas s’effacent comme les soucis laissés sur la Grande-Terre ».

À Nosy Be comme à Nosy Komba, on peut pratiquer du hors bord, du ski nautique, de la pêche sous-marine. Mais aussi se baigner en toute tranquillité dans une mer où même les requins semblent avoir conclu une paix définitive. Une promenade peut être organisée à Ambatozavavy, « le village des jeunes », l’un des charmants petits villages de pêcheurs en pirogue à balancier que compte Nosy Be. On peut également monter au Voririky où s’offre à la vue, un admirable panorama avec, en premier plan, les ilangs-ilangs odorants.

Le secrétaire général de l’Office du tourisme de Mada­gascar regrette pourtant que « quelque chose de bien simple, d’indispensable » manque en ces lieux édéniques. « La nature a fait le principal et elle n’a pas lésiné. Il nous res te à rendre agréable e t confortable aux touristes leur séjour à Nosy Be. » Effectivement, l’Ile aux Parfums ne comprend à l’époque qu’un seul hôtel de quatorze chambres avec bar et restaurant. Si un grand effort est réalisé pour son aménagement et sa propriété, « cet établissement peut soutenir la comparaison avec certains hôtels de Mahajanga. »

Ce n’est pas suffisant toutefois, pour recevoir, en nombre et en qualité, les touristes. Aussi la construction et l’aménagement d’un établissement moderne s’imposent-ils : «Vraisemblablement, cette formule serait payante. »

Le secrétaire général de l’Office du tourisme de Madagascar évoque un autre problème, celui du ravitaillement. Nosy Be parait « avoir le privilège du coût de la vie le plus élevé de Madagascar ». Car la viande de boucherie vient de la Grande-Terre, la plupart des légumes sont commandés par avion à Antananarivo, ce qui en explique le prix de revient.

Et le premier responsable du tourisme de la Colonie de conclure : « Mais le concours de toutes les bonnes volontés, en fin de compte, pourra être acquis, malgré des promesses rarement tenues et, à ce moment-là, Nosy Be prendra la place qui lui revient normalement. »

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