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Soins traditionnels – Joroterapia remis à l’État

Dr Alice Ranorojaona Pelerin compte remettre officiellement le fruit de ses recherches pour l’État. Présentée en septembre 2018 à l’université Moufia de Saint Denis à la Réunion, la thèse en anthropologie de Dr Alice intitulée « Joroterapia : soigner avec la quête du sens » pourrait apporter un changement énorme dans le monde de la médecine et distinguer également le pays. De passage au pays, Dr Alice annonce cette bonne nouvelle.

« Ny hazo no vanon-ko lakana, ny tany naniriany no tsara. C’est ici que j’ai effectué mes recherches et c’est la raison pour laquelle je la remets à mon pays. Je vais la remettre de manière officielle prochainement d’abord à la bibliothèque nationale, à l’Académie malagasy et aux médecins. J’ai assisté au congrès de la société malgache de psychiatrie. Je compte transmettre ma thèse aux médecins qui y ont participé», affirme-t-elle. Cette thèse est écrite en 400 pages. Des résumés en malgache seront également disponibles.

Joroterapia est un néologisme créé à partir de trois mots dont « joro » la racine du mot « Mijoro », qui signifie se relever ou surmonter la douleur. Mijoro aussi désigne un rite de passage pour changer de statut. « Tera » vient du mot « teraka » ou naître.

« Pia» signifie les douleurs engendrées après l’accouchement. En tout, Joroterapia veut dire renaître de sa souffrance. De sa particularité, Joroterapia lie la science avec l’histoire d’une personne et surtout de la généalogie.

« Ce que j’ai constaté depuis que je suis médecin est que les souffrances dans la vie peuvent affecter la santé de quelqu’un. Par exemple, la mort d’un proche pourrait affecter mentalement une personne. À force de trouver la solution aux problèmes, certaines personnes se mettent en désordre. Cela ne signifie pas que cette personne est atteinte d’une maladie mentale. Parfois on peut trouver la solution dans l’histoire de la personne même. Une fois que tout est clair, il peut se retrouver. Il faut expliquer pourquoi une personne devient agressive. Personne n’est heureux en se suicidant mais une histoire ou une souffrance se trouve derrière ce problème», explique-t-elle.