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Détournement de fonds à la Croix-Rouge : Une dizaine de personnes condamnées

Le verdict est tombé sur l’affaire concernant le détournement de fonds estimé à 400 millions d’ariary à la Croix-rouge Malagasy. Traduites devant le Pôle anti-corruption, une dizaine de personnes, dont le président Claude Rakotondranja et le secrétaire général, ont été condamnées à quatre ans de prison ferme. Selon leur avocat, les coupables vont interjeter en appel.

Une sentence ferme. Quatre ans de prison ferme, assortie de paiement de lourds dommages et intérêts dont le montant n’a pas été précisé par les sources. C’est le verdict prononcé par l’équivalent de la première instance du Pôle anti-corruption (PAC), contre les personnes inculpées dans l’affaire de malversation financière au sein de la Croix-Rouge Malagasy (CRM).

Le dénouement judiciaire de cette affaire qui a éclaté au grand jour, en avril 2018, s’est joué, mercredi, au PAC, sis aux 67 ha. « Toutes les personnes inculpées ont été condamnées à quatre ans de prison ferme », confirme une source proche du dossier. Le juge en charge de l’affaire aurait, néanmoins, prononcé une relaxe au bénéfice du doute pour quelques-uns qui auraient juste servi de coursiers. Dans la liste des condam­nées figurent Claude Rako­ton- ­dranja, ancien président national de la CRM et son ancien secrétaire général.

D’anciens comptables de la Croix-rouge Malagasy font, également, partie des personnes condamnées. La plupart d’entre eux dont l’ancien secrétaire général ont déjà été écroués à la maison d’arrêt d’Antanimora, depuis plusieurs mois. Ils y resteront donc, pour purger leur peine d’emprisonnement. La sentence contre l’ancien président national de la CRM a, toutefois, été assortie d’un mandat d’arrêt à l’audience.

Au début de l’instruction de l’affaire, Claude Rakotondranja a bénéficié d’une mise en liberté provisoire. La raison serait que son rôle dans les malversations n’aurait pas été encore bien définie, étant donné que le titre de président de la Croix-Rouge Malagasy ne serait qu’honorifique. Que ce dernier ne touchait pas à la gestion des finances.

Quatre-cent millions d’ariary
L’issue du jugement de mercredi, indique que le statut du président national de la CRM a changé au fur et à mesure que l’instruction avançait. Un des avocats des inculpés explique que « le président national fait partie des gros poissons épinglés dans ce dossier. Il fait partie des auteurs principaux, sans quoi, il n’aurait pas écopé de la même peine plus légère que les autres ».

Le scandale financier qui a déferlé sur la Croix-Rouge Malagasy tel un tsunami, en avril 2018, lorsque la Croix-rouge norvégienne a publié un communiqué dans lequel elle dénonce des malversations sur les dons qu’elle a alloués. Un constat suite à un contrôle de routine, en 2017, qui l’a amené à suspendre sa collaboration avec son correspondant malgache. Un audit des comptes de la CRM de 2012 à 2017, a alors été commandé par son homologue norvégien.

L’audit mené par le cabinet Ernst&Young, fait état de plus d’un million cent mille euros détournés, sur les trois millions d’euro alloués par la Croix-Rouge norvégienne. Depuis la révélation des malversations sur les aides allouées à la CRM par l’un de ses principaux partenaires, l’affaire a été prise en main par le Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO). Les investigations ont mis à jour la méthodologie des acteurs des détournements. « Ils bidouillaient surtout le taux de change, en fournissant de fausses pièces justificatives et empochaient la différence », confiait une source auprès du Bureau d’Ambohibao.

Toujours avec de fausses pièces justificatives à l’appui, des achats et acquisitions de matériel auraient été surfacturés. Au moment où les faits ont été révélés, des cas de détournement entrainant un préjudice évalué à quatre-cent millions d’ariary, ont été identifiés. L’affaire a conduit les enquêteurs jusque dans la région Menabe, où cent-quarante millions d’ariary destinés à un projet touchant à la santé et l’accès à l’eau potable ont été détourné à d’autres fins.

Durant l’instruction de l’affaire, « abus de fonction, détournement de fonds, faux en écriture de banque de commerce, usage de faux et favoritisme », ont été les chefs d’inculpations retenus contre les accusés. Outre les hauts respon­sables et les comptables, des responsables de projet, ainsi que, des fournisseurs ont été mis en cause. Ceux qui ont été condamnés peuvent, néanmoins, interjeter appel devant l’instance de second degré du PAC.

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  • Il y a y des arbres à planter avec honneur. Pour 10 000 euros au plus chacun, ça fait combien d’arbres à planter avec leurs complices chaque jour dans combien d’année ?
    Car ça sert à rien de les emprisonner pour créer d’autres drames humanitaires: manque d’hygiène, manque de nourriture, manque d’eau etc. En effet ils auront aussi à arroser les jeunes pousses sans eau dans les plaines et montagnes désignées à reboiser. C’est l’idée utile. Et qui montre l’exemple à la population témoin.