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Editorial

Sang pour sang

Une parodie de la loi du talion. C’est ce que vivent les malades qui ont besoin de transfusion sanguine dans les hôpitaux. C’est du sang pour sang. C’est triste mais c’est ainsi. Pour pouvoir bénéficier de poches de sang pour une intervention chirurgicale urgente, pour le traitement d’une leucémie, pour les blessés d’un accident de voiture, il faut d’abord trouver des donneurs de sang pour remplacer les poches de sang nécessaires pour soigner le malade. Sinon l’intervention attendra avec le risque que cela peut avoir. C’est ainsi depuis plusieurs années. On ne peut pas en vouloir à la banque de sang, c’est le seul système de fonctionnement qui peut éviter qu’elle ne soit pas en rupture de stock. On ne peut pas comprendre la situation que si on l’a vécu cette mésaventure.

Comme dans les autres domaines, la banque de sang était conçue pour une population tananarivienne estimée à cinq cent mille personnes. Aujourd’hui le nombre d’habitants est multipliée par six. Le nombre de malades et d’accidents nécessitant une transfusion sanguine est augmentée en autant de fois. Or, le nombre de donneurs de sang n’a pas beaucoup changé. Il a même peut-être diminué avec le manque de civisme et d’éducation de la population. Donner du sang est un acte citoyen de tout un chacun étant donné que personne n’est à l’abri d’une transfusion sanguine. Il est devenu un geste intéressé pour le besoin d’une communication d’entreprise à l’image du reboisement ou de la reconstruction du Rova de Manjakamiadana où la participation des simples citoyens et des entreprises était sollicitée. Pour se faire voir et surtout pour ne pas avoir des problèmes avec l’État, tout le monde y contribua sans se faire tirer l’oreille.

La banque de sang remue ainsi ciel et terre pour renflouer son stock mais c’est une entreprise compliquée. Au lieu de perdre du temps à sensibiliser une population en proie à la pauvreté, l’inflation, l’insécurité, l’épidémie de coronavirus, il va falloir donner un caractère obligatoire au don de sang. Il faut également investir dans la multiplication des banques de sang et leur équipement. Chaque hôpital devrait disposer d’une banque de sang comme il doit en principe avoir une ambulance. On se demande pourquoi ce genre de mesure ne figure jamais dans les décisions prises en conseil des ministres en quatre républiques. Peut-être qu’il va falloir importer du sang à l’allure où vont les choses. Ou réinventer Dracula.

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