Editorial

Vivre des ainsi soit-il

Appréhension. Le Sommet sur le Plan multisectoriel va-t-il accoucher d’une multitude de petites souris? Sans vouloir prendre la place d’un oiseau de mauvais augure perché sur sa branche, et ce malgré cette volonté inébranlable et cette détermination à toute épreuve, affichées par le président de la république Andry rajoelina, la situation globale de l’économie et des finances prête plutôt au pessimisme. Ces dernières semaines, aucune bonne nouvelle venue du front de l’hypothétique relance des activités génératrices de richesses et d’emplois n’a été enregistrée.

La Banque centrale, ayant un tableau de bord complet de la situation en temps réel, a planté le décor du cataclysme à venir. Le gouvernement de Christian Ntsay doit trouver des solutions à des problèmes qui paraissent insolubles. Un extrait du dernier rapport de la Banque centrale, par exemple, prévoit une nette régression du taux de pression, ramené au Produit intérieur brut, PIB, à 8,9% contre 11 réalisé lors de l’exercice écoulé. Autant dire que l’État serait privé d’un important fonds à puiser dans ses ressources internes pour subvenir aux besoins de tous les secteurs d’activités économiques, sinistrés par les mesures imposées par l’état d’urgence sanitaire. Il aura de quoi faire tourner la machine administrative, de quoi payer le salaire des fonctionnaires et des pensions des retraités.

Pourtant, nombreux parmi ceux qui évoluent dans le secteur formel attendent du concret de la part du gouvernement. Comme l’a fait, Bruno Lemaire, ministre français de l’économie qui a annoncé des milliards d’euros de soutien financier sous plusieurs aspects. Comme la prise en charge d’une partie, dans les 85%, des salaires de ceux mis au chômage technique. Air France, quant à elle, va être subventionnée à hauteur de 4 milliards d’euros, plus 3 autres de la part de la contribution des banques associées sous forme de prêt. Aucune comparaison ne peut être faite entre les deux pays. Le fossé est trop profond sur la capacité de résilience. D’autant que la France a déjà mis à l’éteignoir le coronavirus. Comme l’a prévu le controversé professeur Didier raoult.

Dans ces conditions, des groupements d’opérateurs économiques, à part les moratoires, un laps de temps accordé pour ne pas s’acquitter du service de la dette dans le sens strict, sur les impôts et taxes divers, souhaitent la mise à leur disposition des lignes de crédits à taux concessionnels. À rembourser sur le long terme. Soit, les facilités proposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, pour leurs emprunts.

Richard Randriamandrato, ministre de l’Économie et des finances prévoit de s’endetter davantage. À charge pour lui de répondre aux attentes des sinistrés du Covid-19 à travers les grandes lignes du projet de loi rectificative de finances. Des configurations difficiles à concilier.

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  • La facture sera lourde et terriblement douloureuse, partout. Les pays pauvres seront les plus affectés et il peut en résulter une catastrophe humanitaire sans précédent, aggravée par des soulèvements incontrôlables de populations entières affamées. Les conséquences seraient redoutables, globalement. Il paraît donc incontournable que des responsabilités soient prises par les plus hauts dignitaires du pays d’où est partie la catastrophe, pour avoir tu la réalité jusqu’à autoriser des vols internationaux en toute connaissance de cause, alors que le virus avait déjà frappé sur son sol. Il s’agit d’une faute majeure qui ne peut rester impunie, face à l’humanité tout entière. La réprimer individuellement n’aurait pas de sens, quoique.. mais faire en sorte que les charges à venir soient assumées en grande partie par le pays fauteur, oui, incontestablement. Une prise de conscience serait non seulement honorable, mais surtout salutaire car elle permettrait d’assainir une tension globale qui ne manquera pas de gonfler dans le cas contraire, prélude au chaos général.