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Carburant – Les arriérés des pétroliers bloquent la baisse des prix

Les  ministres  entendus  par  les  sénateurs  hier.

Christian Ramarolahy le ministre de l’énergie et des hydro carbures n’a pas échappé à la question sur les prix à la pompe qui restent désespérément inchangés malgré la baisse du cours international lors de son passage à Anosy hier. « Je ne suis pas satisfaite des explications qui ont été données sur les prix à la pompe jusqu’ici », a lancé la sénatrice Hanitra Ramahavalisoa. Comme elle, plusieurs de ses pairs ont soulevé la question.

D’emblée, le ministre a indiqué que ce n’est pas qu’une question de prix. « Il y a plusieurs paramètres à prendre en compte », a répondu Christian Ramarolahy qui a avancé en premier lieu l’argument du carburant raffiné. « Nous n’importons pas du brut mais des produits raffinés. Il y a un décalage entre les fluctuations de ces deux produits. Voilà pourquoi les baisses ne se répercutent pas immédiatement chez nous ». Pour illustrer ce décalage, le directeur général de l’Office malgache des hydrocarbures Jean Baptiste a indiqué que la vérité des prix n’a été atteinte en avril. « C’est à partir de ce moment que le prix de référence à l’importation a basculé en dessous du prix à la pompe à Madagascar », a-t-il fait savoir au téléphone.

Rappelant aux sénateurs son passé de trader, le ministre a par ailleurs déclaré que les prix des matières premières sur les marchés internationaux sont très volatiles. « Si le cours du brut a baissé de 60 à 13.8 dollars durant le mois de mars, il est actuellement à 40 dollars », a-t-il indiqué. Il a fait savoir qu’avec le concours de l’Office malgache des hydrocarbures, le ministère fait des projections suivant les données à leur disposition.

Ballon d’oxygène

Le défi d’après lui est d’évaluer le prix sur une période de six mois à un an. Le ministre prévient qu’avec la reprise progressive des activités économiques et la décision des pays producteurs de pétrole (OPEP+) de prolonger jusqu’à fin juillet, le cours peut bondir. Le ministère table toutefois sur une fourchette entre 35 et 40 dollars.

Christian Ramarolahy ajoute que l’autre paramètre à prendre en compte est le total des arriérés des opérateurs pétroliers. Il a indiqué devant les élus que la crise du coronavirus est un ballon d’oxygène pour l’état dont la priorité est donc d’épurer cette dette. Il a déclaré que ces arriérés devraient passer d’un plus haut de 194 milliards d’ariary en février à 120 milliards fin juin.

« Cela devrait s’accélérer à partir du mois de juillet car nous profiterons alors pleinement des baisses sur le marché international », ajoute-t-il en indiquant que ces arriérés devraient être totalement apurés au mois de septembre. À en comprendre le ministre, si baisse il y a, cela ne devrait intervenir qu’après le mois de septembre. Mais il ne l’a pas signifié explicitement. Il a néanmoins glissé qu’une baisse du prix du carburant serait plus opportun en période de relance qu’en période de crise et de confinement. La baisse du volume de consommation sur le marché intérieur et le poids de l’ariary face au dollar entrent également en jeu.

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