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Prévisions de la banque mondiale – Madagascar devra redoubler d’efforts

Marie-Chantal  Uwanyiligira,  directrice  des  opérations  de  la  Banque  mondiale  à  Madagascar

La Banque mondiale dans sa note de conjoncture économique sur Madagascar avance des prévisions pour le moins pessimistes. Mais propose aussi des solutions à mettre en valeur.

MarieChantal Uwanyiligira, directrice des opérations de la Banque mondiale à Madagascar l’a déjà évoquée lors d’une conférence à laquelle elle a participé. Mais note de conjoncture économique de la Banque mondiale déjà mise en ligne a formalisé des prévisions plutôt pessimistes mais objectives. « La Banque mondiale estime que Madagascar pourrait mettre une décennie à inverser la perte de revenus moyens survenue pendant la crise de 2020-2022. Mais encore, le pays pourrait mettre plus de 70 ans pour atteindre le niveau de vie actuel au Rwanda, en l’absence de réformes audacieuses ».

Comme handicaps, la Banque mondiale cite « d’une inadéquation du capital humain et des infrastructures, une forte prévalence de l’informalité et de l’agriculture d’autosubsistance, ainsi que la faiblesse de la gouvernance et des institutions ». Et pour espérer réduire le taux de pauvreté qui touche une grande majorité de la population, « il faudra une croissance économique plus élevée, soutenue et inclusive ». Cette année, la progression serait de l’ordre de 5,4%.

Parades imparables

Pour sortir de cet engrenage infernal, la Banque mondiale suggère « l’accélération de la campagne de vaccination, le renforcement de la riposte aux récents chocs climatiques, le renforcement de la responsabilité du secteur public, la remise sur les rails des réformes foncières et l’attraction d’investissements indispensables dans les secteurs de l’électricité, du numérique et des transports » comme solutions.

Il faudra aux dirigeants trouver des parades imparables à ces logiques financières et économiques. Même si dans les prochaines semaines, ils devront encore faire avaler quelques pilules amères des réformes structurelles convenues avec les bailleurs de fonds. Comme la tarification de l’électricité Optima Business pour les industriels et les opérateurs économiques du secteur privé, une hausse des prix du carburant et anticiper les réactions en chaîne de l’augmentation des salaires.

Mais ces constatations révèlent aussi que les aides financières de la Banque mondiale, pour diverses raisons, n’ont pas produit les résultats escomptés. Et pas plus tard que le mois dernier, la délégation malgache conduite par le président de la république Andry Rajoelina à la Réunion du printemps de Washington, a eu l’approbation de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Une pluie de dollars pour financer des projets routiers dans le sud ont accompagné ce satisfecit global. Langage diplomatique ou politesse de circonstance? La pauvreté reste une tangente de la vie des Malgache.

Et cinquante ans plus tard, par ces fractures sociales qui gagent en profondeur chaque jour, le spectre du 13 mai 1972 plane à nouveau sur le pays. Il reste à savoir si avec tant de difficultés, les Malgaches auront-ils encore le droit à une énième crise politique sans lendemain.

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