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Trafique de tortues – Peine insignifiante contre les braconniers

Vingt tortues vivantes et de la viande de  Radiata ont été saisies au parc national de Tsimanapetsotsa.

Le district d’Ampanihy Andrefana a été le théâtre d’un braconnage de tortues en plein parc national de Tsimanampetsotsa. Quid de nouvelle forme de sanctions?

Qui sont les principaux cerveaux ? C’est la question qui se pose à chaque fois qu’un tel a été saisi pour avoir volé des tortues. Car ce n’est jamais le milliardaire ayant tiré la ficelle qui se retrouve derrière les barreaux.

Dernièrement, Madagascar National Park (MNP) a fait savoir qu’un individu a été pris en flagrant délit avec vingt tortues étoilées Astrochelys Radiata, endémiques du Sud de Madagascar, au parc national de Tsimanampetsotsa.

Outre les tortues vivantes, des viandes de tortues ont été également aperçues avec l’individu. « Le braconnier a été mis sous mandat de dépôt le mardi 7 avril, suite au verdict du tribunal d’Ampanihy » explique le gestionnaire du parc. Des sanctions sévères sont vivement attendues surtout quand les cerveaux du trafic ne sont jamais connus ou sont connus mais « à ne pas dévoiler ». Une source parlementaire parle d’un système pourri par la corruption auquel il faudra trouver rapidement des solutions. « Dix tortues se sont volatilisées dans le sud et le passeur a été traduit en justice à Toliara. On chuchote le paiement d’une somme allant de 5 000 000 ariary pour le relâcher et pour affaire classée. Je suis en attente de plus d’éclaircissements sur ces tentatives d’étouffement de l’affaire », révèle un parlementaire.

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En attendant des mesures plus sévères exhortées également par le MNP entre autres, la ministre de l’Environnement et du développement durable, Vahinala Baomiavotse Raharinirina veut miser sur la force locale. « Cette action de saisie de vingt tortues et de viandes boucanées résulte de la collaboration entre les comités locaux du parc, les villageois du fokontany de Niasoa, les autorités locales et l’équipe du parc national de Tsimanampetsotsa. Et nous continuons dans ce sens » explique-t-elle.

La collaboration avec les VOI (communautés locales) est redynamisée car celle-ci s’est un peu endormie à l’explication du ministère toujours. « Le mécanisme de dénonciation a été initié lors d’une mission conjointe dans le district d’Ampanihy les 12 et 13 mars derniers. Il est du ressort des VOI de faire la veille locale et des investigations sur les trafics se produisant dans les forêts qu’ils protègent et aussi de témoigner sur les trafics qui s’y produisent », précise-t-on.

C’est ainsi une forme de lutte contre le trafic qui est à comprendre comme une base d’échanges avec l’administration et non comme un ordre. Cette redynamisation des VOI est ainsi capitale car garante de l’effectivité des alternatives économiques locales pour réduire le trafic ou encore la dépendance excessive envers les ressources naturelles. Il s’agit de développer une activité économique appropriée à leur contexte suivant la logique de production de transformation et de marché. À suivre de près.