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Médecine traditionnelle – Les plantes médicinales bénéfiques à la santé féminine

Elidia Edwige Ratsara, surnommée Rasazy est une tradipraticienne habitant à Toamasina II

Dans les zones éloignées, les femmes enceintes font recours à la méthode traditionnelle pour accoucher.

Tous les matins, des patients font la queue devant la maison de Elidia Edwige Ratsara à Antentezantona Ambodisaina. Surnommée « Rasazy » par les riverains, la mère de trois enfants exerce le métier de la matrone dans la localité située à 8 km de Toamasina. La plupart des malades qui consultent la matrone sont des femmes enceintes venant des communes rurales et des districts limitrophes. Certaines d’autres auraient de problème de santé féminine. « J’ai commencé mon métier en 2011 à Toamasina II. Auparavant, j’ai habité à la campagne. Le métier de la matrone est un héritage de mes parents. Ce sont mes parents qui ont effectué la médecine traditionnelle telle la méthode de l’accouchement. Durant mon enfance, à l’âge de 12 ans, j’ai déjà réussi à faire accoucher une femme enceinte et c’était ma première expérience. Après, j’ai approfondi la méthode traditionnelle », témoigne Elidia Edwige Ratsara. Avec la méthode de la médecine traditionnelle, toutes les règles sont respectées, notamment en termes de la prise en charge des femmes enceintes. Le contrôle prénatal est suivi de près chez Rasazy.

Contentement

Le massage est assorti du traitement et pas mal de clients profitent l’offre car le coût est à la portée de tous.

Cependant, la partie du traitement est affectée à la médecine moderne puisque la matrone ne se permet pas de s’immiscer dans le rôle du médecin durant la grossesse. « Les femmes enceintes sont conseillées de consulter l’hôpital en cas de vaccin, échographie, analyse et contrôle sanitaire». À l’accouchement, les femmes ont le choix d’aller à l’hôpital ou de consulter la tradipraticienne. Le choix dépend du pouvoir d’achat de chaque famille par rapport au frais de la prise en charge d’une part et à la possibilité de se déplacer malgré l’éloignement des centres de santé de base d’autre part. « Il arrive parfois que l’accouchement est compliqué car les femmes sont fatiguées après avoir parcouru un long chemin. Un jour, ma patiente a fait une hémorragie et j’ai décidé de l’emmener à l’hôpital pour sauver la mère et son enfant », ajoute Elidia Edwige Ratsara.

La médecine traditionnelle est la plus proche des habitants à la campagne. Faute d’infrastructures appropriées dans la santé publique au centre de santé de base dans le milieu rural ou l’inexistence de l’équipement et du personnel de la santé, les habitants dans les zones éloignées se contentent des moyens locaux pour résoudre leur problème.

« La médecine traditionnelle est insérée dans le Code de santé publique. Le ministère de la Santé publique l’a reconnue depuis 2007. L’utilisation et la mise en commerce des plantes médicinales sont régies par le texte.», explique Josephin Andriandrainarivo, président national de l’Association des tradipraticiens de Madagascar (ANTM).