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Entreprises franches – Le salaire du mois d’avril en pointillés

Hery  Lanto  Rakotoarisoa  craint  la  fermeture de  nombreuses  entreprises.

Les entreprises franches sont en difficulté. Elles se posent encore des questions sur le paiement de rémunération des employés pour ce mois d’avril.

Le paiement de salaire du mois d’avril pourrait être impossible pour les entreprises franches. D’après Hery Lanto Rakotoarisoa, président du groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), la trésorerie des entreprises est tombée malade. « Il est vrai que les entreprises ont reçu 116 milliards d’ariary. Cela allège un peu la trésorerie. Le paiement d’impôt et la régularisation de la cotisation sociale reportée. Et malgré tout, la trésorerie des entreprises est en difficulté. Le salaire des employés de mois de mars a été réglé. Et pour le mois d’avril, nous en sommes là. C’est l’objet de l’atelier de mitigation. Comment les entreprises vont rémunérer ces employés ? », explique-t-il.

Certaines entreprises à Antsirabe fonctionnent encore selon lui mais ont par contre des difficultés sur les bénéfices et la cherté de l’électricité par rapport au prix de revient. D’autres appuient l’Éta t dans la confection de caches bouches. Il souligne que ces caches-bouches sont vendus à 1 500 ariary à l’État. Les bénéfices sont destinés à payer le revenu des employés et l’électricité mais les matières premières sont gratuites d’après le GEFP.

Chômage technique

Le taux de chômage technique s’accroit. Même si ce président n’a pas évoqué les chiffres exacts, bon nombre d’employés se plaignent de cette situation. Les matières premières manquent. « Chômage technique veut dire qu’il n’y pas de travail à faire. Les matières premières ne sont pas suffisantes. Tous les marchés d’exportation sont fermés à savoir Europe, Afrique du Sud. Or 70 voire 90% de ces marchés font fonctionner les entreprises franches dans le pays. Les vendeurs ne veulent pas non plus prendre les produits car ils sont confinés. Il y avait même des marchandises livrées mais les clients ne pouvaient pas les récupérer à cause du confinement. Seuls les produits alimentaires et médicamenteux sont priorisés actuellement », enchaînet -il. Il poursuit que les entreprises doivent encore s’entretenir avec le ministère de la Fonction publique pour qualifier ces quinze jours comme chômage technique ou pas.

Environ cent cinquante mille personnes survivent à travers les entreprises franches. Le GEFP craint que le problème économique engendre une crise sociale pour le pays. « Des entreprises risquent de disparaître mais nous cherchons actuellement le moyen de ne pas en arriver là. Nous craignons une crise sociale à l’issue du problème économique. Nous ne savons pas encore les impacts de ce confinement et les mesures plus stricts entrepris par l’État après quinze jours. Lorsque les entreprises ne marchent plus, les gens n’auront plus d’argent. Et la crise touchera même les vendeuses de brèdes au marché », conclut-il.