Editorial

Humour noir

Un dilemme. La propagation du coronavirus est arrivé à un stade où plusieurs pays ont du se résoudre à prendre des mesures radicales. Le virus envahit l’Europe à la vitesse du vent. La France, l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal, la Suisse… sont touchés et se débattent autant que faire se peut contre cette pandémie. Même si le coronavirus ne tue pas autant que le paludisme comme l’ironisent certains analystes, quand on dénombre cent morts dans une journée, il y a de quoi avoir peur.

Pour limiter les dégâts, la France a interdit tout rassemblement de plus de mille personnes. Ce qui a pour conséquence directe soit l’annulation pure et simple de spectacles , concerts ou de rencontres sportives, soit la tenue à huis-clos de ces événements avec ce que cela suppose de pertes sèches pour les organisateurs. La ligue des champions de football dont deux matches se jouent à huis-clos ce soir, la Formule 1, les tournois de tennis et bien d’autres doivent se plier à cette décision. Il y va de la vie de dizaine de millions de personnes.

Dépendant de l’évolution du coronavirus, les mesures de prévention peuvent être renforcées ou allégées. Toute l’année risque ainsi d’être occupée par cette calamité. Certains pays ont fixé la validité des interdictions jusqu’en avril ou mai mais tel que c’est parti, on ira bien au-delà de cette date. En Afrique, on n’en est pas encore à cette extrémité mais il faut s’attendre au pire. Comme on dépend beaucoup de l‘étranger en terme de biens et de marchandises, il est impensable qu’un pays africain oserait couper les ponts avec les pays européens. Pour Madagascar en particulier, il est très difficile d’imaginer de fermer les frontières aux avions français ou européens. Comme c’est la porte principale des échanges commerciaux dont dépend le pays à raison de presque 80% des besoins en bien et marchandises, on ne peut estimer les conséquences d’une mesure radicale. C’est d’autant plus vrai que la fermeture des frontières à la Chine commence à avoir des effets sur le plan commercial.

En outre, comme il y a une importante communauté malgache vivant en France et il y a beaucoup de ressortissants français établis à Madagascar, il est impensable de couper les ponts aériens entre les deux pays. Pour le moment, la prudence est de mise du côté des autorités malgré certaines voix de plus en plus insistantes qui appellent à la fermeture complète des frontières avec les pays infestés par le coronavirus. Elles avancent que les mesures appliquées seront proportionnelles entre les deux pays. On ignore si la France aurait hésité à mettre au ban Madagascar si on était le berceau de ce fléau. Ce qui est certain et les autorités en sont conscientes, c’est qu’on n’a pas les moyens pour faire face à une épidémie du coronavirus. Quand on voit que les grands pays comme la Chine ou l’Australie font face à une pénurie de cache-bouche ou de papier toilette donnant lieu à des scènes irréalistes entre les consommateurs, on peut avoir une idée de la capacité de nuisance de ce vilain virus. Encore heureux que pour le moment, semble-t-il, il n’aime pas les noirs. L’apartheid a du bon. Ce n’est pas de l’humour.

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