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Editorial

Miracle

Fin de la galère. Désormais on peut visiter la chute de la Lily, l’îlot de la vierge et le geyser sans la moindre appréhension sur les voies d’accès. Jusqu’ici l’état de la route et le nuage de poussière qui l’agrémente ont dissuadé plus d’un. On sait pourtant que ces endroits drainent du monde les week-ends et les jours de fête. La commune d’Ampefy en tire profit mais elle n’a jamais songé à réhabiliter les voies de communication.

Il a fallu exactement 60 ans pour que les routes qui mènent vers les sites touristiques à Ampefy soit refaites. Et on le doit au régime Rajoelina qu’on le veuille ou non. C’est vraiment le cas de le dire. C’est dire notre conception du développement et des priorités. Quatre Républiques, huit régimes, sept présidents, quatre transitions se sont succédés sans que personne ne pense à refaire ses routes. Même les autorités locales n’ont jamais fait le moindre effort pour les rendre accessibles Pourtant il n’a fallu que quelques semaines pour paver ces routes longues de quelques kilomètres. Et cela n’a pas nécessité un budget énorme. Tout n’a été que beau discours quand on parle de développement du tourisme. On voulait que les gens viennent à Ampefy ou ailleurs mais on ne voulait pas investir dans les infrastructures routières. À Mantasoa, deux fois moins éloigné qu’Ampefy et excellent site touristique, la route qui y mène depuis Ambatolaona ou Manjakandriana date de la colonisation. Sa réparation n’a jamais figuré dans aucun budget ni de l’État, ni du district. Ce sont les opérateurs de l’hôtellerie qui supplantent le ministère des Travaux publics avec leurs faibles moyens pour maintenir leurs clients

À l’échelon national le même état d’esprit est constaté. On ne fait que tracer un plan sur la comète. On table sur des centaines de milliers de visiteurs mais on ne fait aucun investissement pour y arriver. Il a fallu combiner avec des partenaires étrangers pour agrandir l’aéroport d’Ivato et augmenter sa capacité de traitement de passagers.

Du coup pendant trente ans, on sera le locataire de l’aéroport faute d’avoir pensé à agrandir le terminal d’Ivato ou de construire simplement un nouvel aéroport.

En outre, comment peut-on héberger autant de monde alors que le nombre de chambre d’hôtel ne peut pas répondre cette demande. Ironie du sort, c’est à un moment où le tourisme touche le fond dans le monde que des grandes chaînes hôtelières arrivent. On croise les doigts pour qu’elles ne ferment pas boutique sitôt ouvert.

Et dans la vie de tous les jours on constate également cette petitesse et ce manque cruel de vision et d’anticipation avec des rues étroites, des parkings inexistants, des toilettes publiques épouvantables si par pur hasard, elles existent. La situation se complique aujourd’hui avec les problèmes simultanés de l’eau et de l’électricité. On dirait une fatalité tellement au manque de vision et de hiérarchisation se conjugue une incapacité à prendre la bonne décision au bon moment et au bon endroit.

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