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Editorial

Sang pitié

La cruauté criminelle franchit chaque jour un nouveau palier. La manière avec laquelle des bandits ont ôté la vie au jeune chanteur Tsoa et d’une barbarie inouïe hier à Ambohimanarivo sur la RN3. Un crime crapuleux dont on ignore le mobile étant donné que les bandits ont laissé la voiture de leur proie.

Les forces sont visiblement dépassées par l’ampleur, la fréquence et l’atrocité des meurtres et assassinat un peu partout dans le pays. Sans risque de se tromper, on figure certainement au moins parmi les cinq pays les plus dangereux, les villes les plus dangereuses. Antananarivo n’a rien à envier à Johannesburg en matière de criminalité. Le nombre quotidien d’attaques armées et le nombre de victimes des armes sont certainement plus élevés que ceux des États-Unis où les armes sont en vente libre. Ici la vente et le port sont interdits mais la circulation est libre. Cherchez l’erreur. Et pourtant on n’est pas un pays en guerre comme le Mali, l’Éthiopie ou l’Ukraine. Encore moins un pays en proie aux djihadistes musulmans à l’instar d’autres pays africains comme le Nigeria, le Burkina, le Mozambique, le Tchad…Chaque jour, chaque semaine les journaux et les réseaux sociaux sont surchargés de découverte macabre où les victimes ont été soit égorgees, soit scalpées, soit éventrés. La population est carrément désemparée face à cette situation. Toutes les activités à revenu direct sont menacées, tous les endroits sont infestés de bandits. Aucun métier n’est à l’abri d’une attaque soudaine des malfrats.

Les cash point sont particulièrement exposés. En deux jours deux jeunes tenantes de cash point se sont faites égorger à Isotry et à Ampitatafika. Mais les épiceries, les cybercafés, les salons de coiffures, les boucheries… ne sont pas épargnés. Ils tuent pour une somme dérisoire ou pour des pacotilles. Heureusement que certains se font arrêter pour s’être servis du story de leur victime avec le téléphone qu’ils ont volé. Mais c’est loin de constituer une garantie pour les gens. La répression policière également cause de décès par les armes, ne peut pas être une finalité dans la mesure où les exécutions sommaires n’ont jamais dissuadé les bandits encore en activité. Et puis aux six bandits tués sous prétexte d’avoir riposté, s’ajoutent des bandits en herbe nés pour devenir un homme sans identité. C’est bien d’avoir pensé à ces enfants nés pour devenir des hommes sans visage à travers le jugement supplétif. Mais il ne s’agit pas de donner un acte d’Etat civil pour qu’ils puissent voter, il s’agit de trouver la manière pour sauver ces enfants de la rue et du banditisme.

C’est tout l’argent affecté à cette opération est utilisé pour scolariser ces enfants, on aura fait un grand acte citoyen. On est en train de bâtir une nation avec une populationn sans la moindre éducation. Un drame qui guette chaque jour et qui n’attend qu’une étincelle pour exploser. Il ne faut plus attendre pour agir. Le climat et l’insécurité ont ceci de commun que la situation évolue très vite et tout attente est sang pitié.

1 commentaire

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  • Quand une nation est incapable de réguler la criminalité sur son sol, une question doit toujours venir à l’esprit, à qui profite le crime?
    Cette criminalité croissante assortie d’une perte inexorable des valeurs malagasy est d’autant plus dangereuse qu’elle risque de constituer à terme un terreau idéal pour les djihadistes évoqués.
    Madagascar serait alors un enfer sur terre avec tout espoir de développement anéanti.