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Communales à Antananarivo – Cinq candidats, cinq styles

Les cinq candidats pour la Mairie d’Antananarivo ont présenté hier leurs visions. Bien qu’ils aient tous la volonté de développer la capitale, les approches et les stratégies pour y arriver les divisent.

Embarras du choix. Les Tananariviens auront une idée plus claire le 27 novembre. Les cinq candidats à la mairie de la capitale se sont dévoilés hier à Analakely. Le personnel de la commune urbaine d’Antananarivo a invité hier les concurrents à la magistrature de la ville dans un débat. Modéré par Tsitohaina Ramarolahy de la Radio nationale Malagasy et Velo Ghislain de la Ma tv, les thèmes ont porté sur quatre plaies d’Antananarivo.

Il s’agit des ordures, les marchands de rue, l’assainissement de la ville et la collaboration de la Mairie avec l’administration centrale. Ainsi, les candidats ont eu dix-huit minutes chacun pour répondre et présenter leur programme. Si la restauration de la discipline, la collaboration avec les différentes entités et la prise de responsabilité de chacun à son niveau constituent un dénominateur commun, les cinq candidats ont démontré à travers leurs interventions cinq styles différents.

Naina Andriantsitohaina, posé, bien documenté et avec une idée précise, argumente ses propos sur le comment faire. D’une manière générale, le candidat prône l’optimisation de l’existant tout en apportant des innovations.

Se démarquer

À titre d’illustration, il propose le renforcement des Rafitra fikojàna sy fidiovana (RF2), aux RF2 des structures locales de gouvernance des actions dans le domaine des ressources en eau et de l’assainissement, pour une meilleure gestion des déchets ménagers en vue d’un recyclage à terme.

Ny Rina Randriama­sinoro, avec ses trois années dans l’administration et les finances de la commune urbaine d’Antananarivo, puise sa vision dans l’expérience de l’équipe sortante. Sur tous les plans, il a essayé de défendre les réalisations du maire sortant et soutient qu’il a la solution pour y remédier s’il est élu.

Ainsi, il propose par exemple l’instauration de la discipline pour la fluidité des transports.
Alban Rakotoarisoa mise sur la carte du renouveau. Avec son talent d’orateur, il est incisif dans ses propos et n’a pas hésité à attaquer les autres candidats. Avec les problèmes des ordures ménagères, il a déconstruit l’argument de l’équipe sortante qui s’est réfugié sur les difficultés du Service autonome de la maintenance de la ville d’Antananarivo (SAMVA) et a pointé du doigt les « manœuvres » du gouvernement sur le financement de cette entité.

Feno Harison, le benjamin des candidats se positionne en technicien. Il base sa vision sur la prise de responsabilité de tout un chacun. Pour résoudre les problématiques de l’assainissement de la ville d’Anta­na­narivo par exemple, il propose un service spécialisé au sein de la direction technique pour la maintenance des infrastructures pour assurer le curage régulier des canaux et des caniveaux. Dans ses interventions, il se veut être fédérateur.
« Antananarivo n’est pas la propriété d’un individu, ni d’un parti politique » argumente-t-il.

Eliace Ralaiarimanana, quant à lui, base ses arguments dans le respect de la loi et de la discipline. D’un ton direct, il propose des solutions radicales pour régler les problématiques d’Antananarivo. Ainsi, il entend maîtriser l’exode rurale « car les migrants qui envahissent Antananarivo sont les sources de la prolifération des marchands de rue et des constructions illicites », argumente-t-il.

Les électeurs disposent encore de deux semaines pour choisir le premier magistrat de la ville. Le débat d’hier a permis aux cinq candidats de se révéler et d’aider les indécis à trancher.