Accueil » Editorial » Manivelle
Editorial

Manivelle

L’actualité a été dominée ces derniers jours par la vie privée d’une ministre étalée dans les réseaux sociaux et dans la presse. Fondée ou pas, les assertions rapportées dépassent nettement le cadre de l’information et éclaboussent l’image de la presse en général. Les partisans du médiatiquement correct s’en offusquent et crient au scandale, les amateurs de la presse à sensation, les victimes du même traitement dans une autre période applaudissent à tout rompre.

L’appréciation se fait selon le côté où l’on se trouve. Mais rien n’arrive par hasard ou par méconnaissance. On ne peut pas dire que le journal en question n’a pas regardé où est-ce qu’il met les pieds, qu’il ignore les fondamentaux du journalisme pour marcher sur ce terrain glissant.

Simplement, cette culture de la diffamation a été inculquée sous prétexte qu’elle était légitime quand elle est enrobée d’une lutte populaire. Il en va de même des mutineries et des pillages. Il ne faut pas s’étonner si elle devient une institution aujourd’hui. C’était facile d’allumer le feu mais un jour ou l’autre, le phénomène reviendra au détriment de celui qu’il l’a initié. On pense que tout est permis au nom d’une certaine cause et pour se défaire d’un adversaire politique. Mais l’histoire est un éternel recommencement et la roue tourne plus vite qu’on ne le pensait. Il n’a fallu que sept ans à Ravalomanana pour passer de bourreau à exilé, d’un puissant industriel à un ex-président méprisé par la police de la route. Les mots de trop qu’il avait prononcés juste avant sa démission, ils les entend aujourd’hui dans la bouche de son vainqueur.

Moralité de l’histoire, il ne faut jamais faire quand on est au pouvoir ce que vous ne souhaitez pas qu’on l’on vous fasse quand vous êtes de l’autre côté de la barrière. C’est le seul commandement à respecter dans une carrière politique dans un pays comme Madagascar où l’alternance manivelle règle et rythme les changements politiques. L’élection n’est qu’une formalité d’usage mais l’alternance se fait entre le palais et la prison. Et les politiciens jouent à la chaise musicale où tous les coups sont permis. Il faut ainsi s’attendre à recevoir une tarte en pleine figure un beau matin lorsque vous avez lancé un œuf pourri à votre voisin dont le comportement vous agace. Heureusement que la tarte était à la cerise.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter