Diana - L’habitat dans les zones marines à protéger des menaces humaines et naturelles


Les tortues et les herbiers marins jouent un rôle clé dans les écosystèmes côtiers, mais ils sont menacés. Pour les préserver, un projet a été conçu en 2019, et présenté hier à Antsiranana. Un projet dont l’objectif est de protéger et de restaurer l’habitat des tortues marines, d’endiguer la chasse et le braconnage et de lutter contre les captures accidentelles. ». D’après Lalao Rajaonarivelo, directeur régional de l’Environnement et du développement durable de Diana, durant l’atelier sur le concept du projet organisé hier à Antsiranana, il s’agit de créer des zones marines protégées pour aider à la protection des plages de ponte, des territoires d’alimentation et des voies de migration des tortues marines. Madagascar étant une ile, elle est dotée d’une zone côtière et marine pourvue d’une richesse  biologique importante pour ne citer que les tortues marines et les herbiers marins. Les tortues marines, par exemple, contribuent à la santé des herbiers marins et des récifs coralliens, desquels d'autres espèces animales, comme les crevettes ou le thon, tirent également leur subsistance. De même, les herbiers marins, qui n’occupent pourtant que 0,15 % des fonds marins, ont une importance écologique considérable, car ils concourent à la stabilisation des fonds indispensables au bon état des barrières de corail et à la lutte contre l’érosion côtière, à la production de matières organiques, source de nourriture, à la création de zones de frayère et de refuge pour de nombreux organismes, à la captation de carbone. Mangroves bienfaitrices Selon les résultats des recherches, leur capacité de production en matières organiques et en oxygène est ainsi comparable aux forêts tropicales, récifs coralliens ou encore mangroves. Ce sont de véritables bienfaiteurs en ce qui concerne la survie des communautés côtières. Cependant, ces ressources sont menacées par diverses pressions anthropiques, surexploitation, pollution etc., et par des phénomènes plus naturels comme la présence des espèces envahissantes, le changement climatique… La destruction des sites d’alimentation peut être provoquée par une asphyxie des milieux herbiers et des récifs coralliens, liée à de fortes sédimentations engendrées par des travaux d’aménagement du littoral. Les chaines et ancres des bateaux détruisent les herbiers et peuvent être sources d’apport d’herbes invasives néfastes pour l’écosystème local… La chasse pour la viande, les œufs, la peau, la carapace et la graisse des tortues marines est la raison majeure du déclin drastique de leurs populations. La situation est ainsi catastrophique dans la région Diana car même en mer, les jeunes tortues marines sont attaquées par des oiseaux prédateurs ou de grands poissons pélagiques…. C’est à la suite de ce constat que le ministère de l’Environnement et du développement durable a conçu en 2019, le projet Conservation inclusive des tortues marines et des herbiers marins dans le Nord et le Nord-ouest de Madagascar, avec la collaboration de l’ONU Environnement, dans le cadre du 7e Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). Il a été soumis puis approuvé au niveau du  FEM 7. Le projet qui contribue à l’objectif de conservation des écosystèmes et des espèces de ce pays « médivers » qu’est Madagascar, s’intègre dans les stratégies du FEM pour la biodiversité. Aujourd’hui, il est dans sa phase de formulation  complète et les différents acteurs concernés, venant des districts, sont impliqués dans sa réalisation à l’issue de l’atelier. [caption id="attachment_125473" align="aligncenter" width="1024"] Les parties prenantes du projet.[/caption]
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