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Iavoloha – Le Pape prêche le développement intégral

Le Saint-Père exhorte à un développement de l’homme dans toutes ses dimensions et en phase avec son environnement. Dans un plaidoyer écologique, il a sonné l’alarme face à la déforestation.

S ANS exclusion. Le pape Fran­çois plaide pour un développement impliquant tous les acteurs et tenant compte de tous les paramètres, notamment, l’environnement. Dans la ligne de son encyclique « Laudato Si’ », ou « Loué sois-tu », et du message annonçant sa venue à Madagascar, le souverain pontife, a prêché « le développement intégral ».

À Iavoloha, samedi, le Saint-Père glisse vers la fin de son discours, « je vous invite à imaginer ce chemin sur lequel personne n’est laissé de côté, ni ne va seul ou se perd ». Cette phrase pourrait résumer l’appel qu’il a lancé aux autorités, aux forces vives de la nation et au corps diplomatique. Rappe­lant les propos de Saint Paul VI, il souligne que « le développement d’une nation ne se réduit pas à la simple croissance économique », et ajoute que, « pour être authentique, il (le développement) doit être intégral, c’est-à-dire promouvoir tout homme et tout l’homme ».

Comme il l’explique dans son encyclique, le développement doit donc tenir compte de toute la dimension qui fait l’homme et avoir pour but son bien-être. Le pape demande de lutter avec force et détermination contre la corruption, et autres maux qui renforcent la disparité sociale, l’exclusion et « la pauvreté inhumaine ». Il exhorte alors, à une meilleure répartition des revenus et « une promotion intégrale de tous les habitants », notamment, les plus pauvres.

Une amélioration des conditions de vie, surtout des plus vulnérables « ne peut pas se limiter au seul assistanat, mais demande la reconnaissance de sujets de droit appelés à la pleine participation à la construction de leur avenir », affirme-t-il, néanmoins. Comme il l’indique, par ailleurs, le développement intégral nécessite une implication de tous les acteurs.

Solutions intégrales

« C’est pourquoi nous devons accorder une attention et un respect particulier à la société civile locale. En soutenant ses initiatives et ses actions, la voix de ceux qui n’ont pas de voix sera rendue plus audible (…) », déclare alors, le Saint-Père. Dans ce sens, il a, également, évoqué le rôle de la communauté internationale. Sans remettre en cause le rôle de cette dernière, le pape soulève, toutefois, le risque d’une « culture universelle qui méprise, enterre et supprime le patrimoine culturel de chaque peuple ».

Le souverain pontife assène alors, que, « la mondialisation économique, (…) ne devrait pas engendrer une homogénéisation culturelle. Si nous prenons part à un processus où nous respectons les priorités et les modes de vie autochtones et où les attentes des citoyens sont honorées, nous ferons en sorte que l’aide fournie par la communauté internationale ne soit pas la seule garantie du développement du pays (…) ».

Dans la droite ligne du « Laudato Si’ », le souverain pontife soutient que « nous ne pouvons pas parler de développement intégral sans prêter attention et sans prendre soin de notre maison commune (la terre) ». Mettant l’accent sur la richesse de la biodiversité de la Grande île, il s’insurge alors contre « la déforestation excessive au profit de quelques-uns (qui) compromet l’avenir du pays et de notre maison commune », mais concède, toutefois, qu’« il est vrai que, pour les populations concernées, nombre de ces activités qui nuisent à l’environnement sont celles qui assurent provisoirement leur survie ».

« Il est donc important de créer des emplois et des activités génératrices de revenus qui respectent l’environnement et aident les personnes à sortir de la pauvreté (…) il ne peut pas y avoir de véritable approche écologique ni un travail concret de sauvegarde de l’environnement sans l’intégration d’une justice sociale qui accorde le droit à la destination commune des biens de la terre aux générations actuelles, mais également futures », ajoute le pape François.

Rappelant les termes de son encyclique, il indique qu’il ne s’agit pas seulement de trouver les moyens de préserver les ressources naturelles, mais « chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux, (car) il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise sociale environnementale ».