Economie

Développement : Les bailleurs de fonds au banc des accusés

Le pape François a souligné entre les lignes de son discours à Iavoloha l’inefficacité des aides internationales au développement.

Dépendance. Durant son discours à Iavoloha, le pape François a adressé un message lourd de sens à l’endroit de l’exécutif et du corps diplomatique quant à la dépendance improductive aux aides au développement pour sortir le pays de la pauvreté « inhumaine » dans laquelle il est enlisé jusqu’ici. Si le pape a surtout évoqué la menace d’une « homogénéisation culturelle » à travers « l’ouverture de Madagascar au monde environnant », ses mots ramènent à l’omniprésence des partenaires techniques et financiers dans les politiques de développement successives du pays. L’aide internationale est prépondérante à Madagascar, représentant une partie considérable du budget de l’État.

Confiance

Les présidents qui se sont succédé se sont toujours attelés à montrer patte blanche à la communauté internationale pour grignoter du financement. Les projets de développement sont souvent suspendus au déblocage de fonds, réduisant en quelque sorte les marges de manœuvre du pays. Si des présidents comme Marc Ravalomanana ou encore Hery Rajaonarimampianina se sont félicités d’avoir la confiance des partenaires, force est de constater que cela ne s’est pas traduit par une amélioration palpable du niveau de vie de leurs concitoyens. Devant l’Exécutif et le corps diplomatique, le souverain pontife a appelé les concernés à faire en sorte que l’aide fournie par la communauté internationale ne soit pas la seule garantie du développement du pays.

« Ce sera le peuple lui-même qui se prendra en charge progressivement, en devenant l’artisan de son propre destin », a lancé le pape François.

Pour l’heure, l’économie est encore tributaire du flux d’aide public au développement. Dans une de ses analyses, Serge Zafimahova, une ancienne figure de la société civile reconvertie dernièrement à la politique, a indiqué que « l’absence de production soutenue dans presque tous les secteurs explique en grande partie la faiblesse de l’épargne nationale et des ressources internes limitant la capacité d’initiative économique et sociale de l’État ». Il estime que si Madagascar a besoin des aides, elle peut toujours investir dans la mobilisation de ses ressources intérieures afin de ne plus être dépendant de l’extérieur. Concrètement, cela passe par des investissements en infrastructures et vers le soutien de la production, de la création de richesses et de l’innovation.

1 commentaire

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  • Désolé mais Serge ZAFIMAHOVA n’est pas une référence en matière d’analyse politico-économique . Son crédo n’a rien d’ innovant dans la perception des aides extérieures .Même mon concierge aurait cette approche basique .Le pape par contre est dans son rôle de moralisateur à vocation anti-économie libérale par cette mondialisation « sauvage » .