Notes du passé

Deux atouts économiques majeurs pour Nosy Be

Nosy Be la Parfumée. Cette ile a deux atouts majeurs, les cultures riches et le tourisme. Principale ile au Nord-ouest de la Grande-terre, elle a, en 1955, six dépendances, à savoir Nosy Komba, Sakatia, Tany Hely, Nosy Vorona, Antsoibory et les Glorieuses, soit une superficie d’ensemble de 390km².

La municipalité de l’Ile aux Par fums en tre en fonc tion en 1951, pour un mandat de quatre ans. Sa population, à l’époque, est constituée d’autochtones (Sakalava et Antandroy surtout), de Français et autres étrangers (Comoriens-Anjouanais notamment) et ses villes principales sont Hell-Ville et Ndzamandzar.

L’extension, l’hygiène, l’urbanisme, l’esthétique de l’agglomération d’Hell-Ville et de sa zone suburbaine font constamment l’objet des préoccupations de la municipalité. L’insuffisance de l’effectif de la Police municipale constitue aussi un souci pour la ville.

En revanche, l’ile en grande partie volcanique est à vocation essentiellement agricole. Ses terres fertiles, son climat, ses fortes pluies en décembre, janvier et février, faibles en juin, juillet et août, mais cependant réparties sur toute l’année, permettent à la région une végétation variée et offrent de grandes possibilités de cultures diverses et, particulièrement, de cultures riches. «  Celles-ci rencontrent principalement la faveur de la colonisation européenne, mais la population autochtone a elle-même réalisé dans ce domaine, un effort sérieux. Par contre, les cultures vivrières ne sont guère entreprises que pour satisfaire à la tradition. »

La canne à sucre tient la grande place, suivie du poivre, de l’ilang-ilang, du café. La vanille, produit spéculatif, est longtemps délaissée, mais en 1955, de nouvelles plantations sont entreprises. De même, plusieurs colons déploient un sérieux effort pour le développement du cacao. Le manioc est aussi délaissé en raison de ses cours insuffisamment rémunérateurs. Le coprah, peu important d’ailleurs, est utilisé sur place et « le girofle ne peut être ci té pour mémoire ». En fin, les agrumes ont un rôle important dans la consommation locale.

Il va de soi que la colonisation européenne est la plus importante. Trois catégories sont à considérer : les grandes propriétés qui appartiennent à des compagnies, les petites propriétés exploitées par des particuliers et quelques sociétés, et les petites propriétés exploitées par des particuliers pour la plupart créoles ou autochtones.

Parmi les grandes propriétés, citons la Compagnie agricole et sucrière de Nosy Be (3 578ha dont 1 043ha mis en valeur) avec comme culture principale l’ilang-ilang et secondaires, le café et le poivre, et la Société A.M. Hassanaly et Fils ( 1 095h a dont 1043h a mis en valeur) avec comme cultures, la canne à sucre, le poivre, le café, l’ilang-ilang et le coprah.

Les moyennes et petites propriétés de 100 à 500ha et au-dessus de cinq hectares exploitent toutes cultures riches. La plupart s on t équipée s d’un m a té riel moderne. La question de la maind’œuvre est spéciale à Nosy Be car le recrutement sur place est très difficile. Aussi devient-il « de plus en plus nécessaire de poursuivre le recrutement extérieur », c’est-à-dire dans le Sud de Madagascar, ainsi que les Comoriens surtout Anjouanais, les Arabes e t les Yéménites.

Le commerce est largement représenté à Nosy Be. Il est tenu par des sociétés et des particuliers d’origine française, hindoue, chinoise et grecque. La principale activité porte sur l’export-import. Il existe huit établissements commerciaux importants, deux banques, trois compagnies de navigation e t une compagnie aérienne. Mais en 1954-1955, la période est très difficile à cause de la mévente et la baisse des produits. Le ravitaillement en viande de boucherie et légumes est aussi aléatoire. Et d’ailleurs, le coût de la vie sur l’Ile Parfumée est l’une des plus élevées à Madagascar.

Le port de Nosy Be, de Mahajanga à Antsiranana, est le seul principal sur la côte Ouest. Avec sa rade naturelle bien protégée, ses fonds coralliens, il est régulièrement fréquenté et son trafic est important. C’est un port d’intérêt général qui doit être classé dans la catégorie des quatre grands ports de Madagascar. Les opérations de batelage, effectuées par la Compagnie maritime de Mahajanga, sont possibles toute l’année, sans aucun arrêt. En 1954, 735 navires dont 612 Français, représentant 1 286 346 tonnes, transportent 3 027 passagers et 58 543,152 tonnes de fret.

En matière de transport aérien, le terrain d’aviation de Fascène, à 15km du centre de l’ile, est relié par une « route goudronnée très pittoresque ». La piste, également goudronnée avec la bande d’envol, a une longueur totale de 1 450m et une largeur de 150m.

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