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Ambanja – Un militant écologiste devant la barre

Une impression de déjà vu. La mémoire des défenseurs des droits humains et du patrimoine naturel est encore marquée par le récent procès de Clovis Razafi­malala, qu’une autre affaire est en phase d’apparition. Militant écologiste de longue date et responsable de l’antenne de l’Observatoire Indépendant des Droits Economiques, Sociaux et Culturels à Madagascar (OIDESCM) de la région Diana, Raymond Mandiny est accusé par le Chef du Cantonnement de l’Environ­nement, de l’Ecologie et des Forêts d’Ambanja pour violence verbale et voies de fait et usurpation de fonction. Selon une source proche du dossier, le procès censé se tenir hier à Ambanja n’a pas eu lieu. À la place, le tribunal a tenté un arrangement entre les deux hommes.
« Lors du déferrement jeudi, nous avons demandé aux deux concernés de s’arranger, car au fond, leur domaine de travail est pratiquement le même, si ce n’est que l’un est rattaché à un ministère et l’autre appartient à une organisation indépendante », a déclaré une source proche du dossier. En ce sens, le plaignant et l’inculpé ont jusqu’à la semaine prochaine pour enterrer la hache de guerre. Dans le cas contraire, le tribunal annoncera la date du procès.
Selon notre source, Raymond Mandiny aurait octroyé des badges à des employés. Ceux-ci ont usé de ce badge pour l’exploitation de charbon de bois. Le chef du cantonnement a interpelé le membre du CRAAD-OI. « En fait, c’est un service au sein du ministère de l’eau et forêt qui doit remettre les badges pour pouvoir exploiter du charbon de bois », a expliqué la même source. Mécontent, l’inculpé aurait ensuite proféré des propos menaçants envers le chef de cantonnement. C’est ce qui l’a motivé à porter plainte auprès du tribunal d’Ambanja.
« Raymond Mandiny est victime de persécution et de manœuvres d’intimidation destinées à le faire taire ». C’est ce que les membres du Centre de Recherches et d’Appui pour les Alternatives de Développement-Océan Indien ou CRAAD-OI et de l’OIDESCM dénoncent dans un communiqué paru jeudi dans la soirée. Ils perçoivent cette inculpation comme
« exemple à toutes les voix critiques » qui s’élèvent contre un projet minier à Ampasindava. Toujours dans ce communiqué, le CRAAD-OI et l’OIDESCM font appel aux responsables étatiques concernés pour « respecter les engagements pris lors de l’adoption de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme par les Nations Unies en 1998 ». Les défenseurs des droits humains avaient notamment également souligné une certaine «tendance visant à réduire au silence les opinions critiques à Madagascar».

Loïc Raveloson