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Editorial

Une procréation monétaire en gestation

L’idée circulait dans le sérail du pouvoir depuis des mois. Un cercle restreint composé de quelques initiés des rouages financiers, s’est formé pour envisager la faisabilité d’un projet plus ou moins « féérique ». Avant même que la crise sanitaire ne vienne frapper de plein fouet la quasi-totalité des activités économiques. Pourquoi ne pas procéder à la création monétaire pour financer les divers projets de développement, ont avancé les instigateurs de cette solution qui paraît être celle de la facilité. Faisant fi des multiples considérations à prendre en compte.

Plusieurs pays émergents, selon leur affirmation, auraient misé sur cette option pour réaliser leurs prétendus miracles économiques qui ont stupéfait le monde entier par leur « spontanéité ». Tout d’un coup, des nations classées parmi les plus pauvres de la planète terre étaient devenues des puissances financières et économiques régionales, d’abord, continentales après, pour devenir des ogres ou des dragons d’envergure mondiale. Faisant peur à tout le monde.

Une question vient tout de suite à l’esprit quand les contours de cette créature ont été dessinés par ses géniteurs, un peu farfelus. Qu’en diraient les bailleurs de fonds toujours soucieux et sourcilleux sur une possible envolée incompressible du taux d’inflation. Déjà à un niveau difficile à contenir, érodant peu à peu le fragile et précaire pouvoir d’achat de la grande majorité des ménages malgaches.

Car, autant l’avouer d’entrée de jeu, il s’agit d’une activation de la planche à billets. Une pratique, un recours exclu d’emblée par le Premier ministre Christian Ntsay. Quand il a été questionné sur la provenance des fonds à affecter au financement du Plan de relance multisectoriel. À l’évidence, une flambée de la spirale inflationniste serait à craindre. C’était toujours l’appréhension principale des autorités monétaires quand une grosse coupure a été mise en circulation. Alors, qu’en sera-t-il d’une éventuelle densification de la masse monétaire elle-même?

Mais pour les 20 000 ariary du régime HVM, remarquent les procréations monétaires, le taux d’inflation, en glissement annuel, tant redouté n’a pas dépassé les 7,2%. Conforme aux prévisions macroéconomiques des différentes lois de finances. Pour eux, l’économie a besoin de grands investissements, comme ce qui étaient énoncés par le Plan Marshall, pour s’épanouir. Surtout suite aux effets nuisibles du coronavirus. D’où une certaine crédibilité dans leur proposition. Sur un autre volet du même registre, ils insistent que tant que nous n’exigeons la convertibilité de notre monnaie, les partenaires financiers n’auraient vu que du feu. Les transactions financières à grande échelle se feraient ainsi sur le circuit formel national.

Face à la dévaluation à un rythme effréné de l’ariary au baromètre du Marché interbancaire de devise, ce rêve de quelques lunatiques aurait une infime chance de se réaliser. À moins que ce ne soit pas un cauchemar de l’hiver. « Nofy ririnina » comme disent si bien les Malgaches.

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