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Traitement de la covid-19 – L’OMS se penche sur la pharmacopée traditionnelle

Le Pr  Alain  Tehindrazanarivelo fait partie des membres du comité d’experts.

Renforcer la recherche dans le domaine de médecine traditionnelle pour riposter contre le coronavirus. L’OMS a mis en place un comité régional d’experts.

ACCOMPAGNER les initiatives africaines. C’est ainsi que le professeur Alain Tehindrazanarivelo, résume les raisons de la création d’un comité régional d’experts de l’Organisation mondiale de santé (OMS), sur la médecine traditionnelle dans la riposte contre la Covid-19. Un comité dont il fait partie.

Sauf changement, le début des travaux de ce comité sera officiellement lancé, aujourd’hui. Sa mise en place découle d’une initiative conjointe du bureau régional de l’OMS pour l’Afrique et le Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (CDC Afrique), une entité de l’Union africaine (UA).

« (…) générer des données prouvant l’innocuité, l’efficacité et la qualité des traitements reposant sur la médecine traditionnelle, y compris, mais sans pour autant s’y limiter, le Covid-Organics », est la mission du comité selon ses termes de référence (TDR).

Dans la liste des livrables attendus du comité figure, notamment, « la confirmation de l’innocuité et de l’efficacité de la décoction du Covid-Organics [Tambavy CVO], des gélules et de l’artesunate injectable ». Il s’agit, visiblement, des trois options proposées par les autorités malgaches, en traitement du coronavirus.

À la lecture du TDR, le lancement du Covid-Organics comme remède traditionnel amélioré à titre préventif et curatif de la Covid-19, le 20 avril, semble avoir déclenché la création du comité d’experts.

Dans la mise en contexte du projet, le TDR rappelle la position du siège de l’OMS, à Genève, suite à la présentation de Tambavy CVO, surtout, la livraison d’échantillons à plusieurs Etats africains. Il s’agissait d’une « mise en garde des pays sur les dangers liés à l’utilisation des médicaments à base de plantes, non homologués et proposés par Madagascar comme par d’autres pays ».

Mise en commun

La publication du bureau régional Afrique de l’Orga­nisation, du 4 mai, selon laquelle, « l’OMS soutient une médecine traditionnelle reposant sur des éléments scientifiques probants », est également, rappelée dans le TDR. Le document de présentation de la création du comité d’experts met ainsi, l’accent sur le fait que « les deux déclarations soulignent la nécessité de réaliser des études précliniques et des essais cliniques en vue de générer des données prouvant l’innocuité, l’efficacité et la qualité des traitements reposant sur la médecine traditionnelle (…) ».

Apporter un soutien aux autorités nationales, afin d’avoir des éléments scientifiques attestant de la qualité, de l’innocuité et de l’efficacité du traitement du coronavirus à base de remède traditionnel est donc, la mission du comité d’experts. Ceci, en vue d’une mise sur le marché. Au regard du TDR, toutefois, le fait que des essais précliniques et cliniques soient menés y est martelés. Il s’agit d’une recommandation issue d’une consultation virtuelle d’experts et chercheurs africains, menés le 8 et 9 mai.

Il est affirmé dans le TDR que le mandat du comité d’experts est de fournir un appui aux États membres, dont Madagascar donc, pour qu’ils puissent mettre en œuvre le protocole-cadre de l’OMS relatif à la réalisation d’essais cliniques.

Coordonner une collaboration entre les différentes autorités étatiques pour des essais cliniques fait, également, partie de la mission du comité. Le but étant de mettre en commun les expertises et d’avoir des essais cliniques « randomisés, contrôlés ».

Alors que la pandémie du coronavirus continue de gagner du terrain en Afrique, notamment, l’OMS envisage donc, sérieusement, de se pencher sur la pharmacopée traditionnelle pour contre attaquer. Ceci après l’épisode du bras de fer avec les autorités malgaches au sujet du Covid-Organics.

Le remède made in Madagascar ne sera, toutefois, pas le seul qui sera soumis à des « investigations scientifiques ». Des pays comme le Burkina Faso, le Cameroun, le Ghana, ou encore la Guinée, entre au­tres, proposeraient, également, des protocoles de traitement du coronavirus, à base de produit issu de la médecine traditionnelle.

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