Economie

Zone de libre-échange continentale – Une ratification à préparer

Le Sommet extraordinaire de l’Union africaine s’est ouvert, hier, à Niamey.

La zone de libre-échange continentale africaine est officiellement sur les rails. Membre de plusieurs marchés de ce genre, Madagascar n’a jamais pu ou su en profiter.

Avanta­ges comparatifs et compétitifs. L’Union africaine a officiellement lancé la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) à Niamey au Niger hier.
Pour le Président nigérien Mahamadou Issoufou, il s’agit du plus grand évènement historique pour le continent africain depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine en 1963. Madagascar fait partie des pays qui ont signé pour la création de la ZLEC mais n’a pas encore ratifié. Pour l’économiste Rado Ratobisaona, la Grande île doit optimiser au maximum son entrée dans la zone.
« Il est important de voir quels sont les gains du pays au point de vue commercial et économique », lance-t-il. Notre interlocuteur d’ajouter l’importance du tissu industriel dans cette optique qui évoque une production à grande échelle. « Il faut voir comment on pourra augmenter nos exportations, comment mettre en valeur nos produits. Cela signifie qu’on devra miser sur les produits sur lesquels nous avons des avantages comparatifs et compétitifs. »
Concrètement, la ZLEC est un marché de 1.2 milliard de consommateurs à terme. Cinquante quatre des cinquante cinq pays de l’UA feront partie de cette zone, l’Erythrée étant la seule nation à ne pas avoir signé. Le sommet de l’Union à Niamey a vu la signature et la ratification du Nigéria, du Bénin, du Gabon et de la Guinée équatoriale portant à vingt-sept le nombre de pays à avoir ratifié.
Longtemps contre l’idée d’une zone de libre-échange continentale, le Nigéria, première économie africaine, a donc finalement changé d’avis, justifiant sa réticence par la défense de ses industries. Quoi qu’il en soit, le négociateur en chef nigérian Chiedu Osakwe a souligné que la libéralisation ne peut pas se faire d’un coup, en évoquant un processus qui s’étend sur plusieurs années.

Infrastructures
La ZLEC prévoit de faire passer les échanges intra-africains de 15% à 60% d’ici à 2022. D’une manière générale, les industriels malgaches ne voient pas d’un bon œil ce marché, rejoignant les détracteurs du projet qui craignent que les importations bon marché ne portent préjudice aux PME et PMI.
Un membre du Syndicat des industries de Madagascar veut toutefois être réaliste en indiquant que le train est en marche et qu’il revient au pays de se donner les moyens de profiter de ses bienfaits en attendant la ratification. Cela revient à faire sauter les obstacles qui minent encore la compétitivité de l’industrie malgache en ce moment avec, en première ligne, le manque d’infrastructures aussi bien dans le domaine de l’énergie que du transport.

1 commentaire

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  • L’Europe a mis beaucoup de bonne volonté pour créer la Zone économique de libre échange. Cette volonté est l’adhésion à la fonction publique administrative sans corruption généralisée, sans instabilité politique.
    Que dire pour une erreur d’échange entre deux pays instables, quand pour quelques pièces de la monnaies locales c’est la guerre civile ? La guerre mondiale ! Non. Arrêtons de s’occuper des autres quand nous même ne sait pas encore se servir soi-même honnêtement avant.