Editorial

Spormidable

Les événements sportifs ont rythmé les actualités du monde pendant le week-end. Pour une fois Madagascar n’a pas été en reste grâce aux exploits des Barea. L’explosion de joie des Brésiliens à Rio après la victoire de l’Auriverde à la Copa America, l’extase des Américains après leur triomphe au Mondial féminin de foot, les sensations fortes générées par la jeune tennniswoman américaine Cofi Gauf à Wimbledon ont été également ressentis par des millions de Malgaches plus que jamais fiers de leur Barea. C’est tout un pays qui vibre avec son équipe nationale, qui se reconnaît en ses joueurs, qui se découvre une identité, qui retrouve son amour-propre. Eh oui, il suffit de peu de choses pour enclencher le déclic.
Les exploits de Faneva Ima et sa troupe, leurs devanciers des années 70,80,90 en auraient certainement capables si on leur avait donné les moyens, si on leur faisait confiance. Les révélations faites par le capitaine des Barea dans un journal français à propos de la galère vécue par l’équipe nationale durant les matches internationaux ne constituent pas un scoop. Toutes les équipes nationales sont passées par là. La génération de Maître Kira et d’Augustin avait été regroupée soit au Falda Antanimena, soit à l’hôtel Glacier, soit au Pavillon de jade à Behoririka. Plus tard, avec l’arrivée du coopérant allemand Peter Schnittger, les joueurs avaient eu droit à un meilleur traitement avec un regroupement a l’ANS Ampefiloha. Dans les années 90, l’équipe des frères Rasoanaivo, Claude Kely, Setra, Rafa, Dominique, Nahoda… dormait à même le sol dans un mess de la capitale.
L’État, à travers le ministère des Sports, ne se souciait guère de l’équipe nationale et n’a jamais injecté un sou dans le foot. C’est toujours le cas avant la qualification des Barea. La Fédération malgache de football s’est toujours débrouillée toute seule pour honorer tous les rendez-vous internationaux. Des sponsors sont venus l’épauler en plus des subventions accordées par la Fifa sur présentation d’un projet. Grâce aux relations tissées par l’ancien président de la FMF, Ahmad Madagascar a toujours eu les faveurs de la Fifa et a eu droit à quelques dérogations.
Avec cet engouement, cette ferveur populaire sans précédent autour des Barea en général et du football en particulier, les regards doivent changer. Les dirigeants n’ont plus le droit de faire preuve d’indifférence vis à vis du football. Le capitaine Faneva Ima a bien souligné que son engagement, son investissement doivent profiter aux générations futures. Il serait ainsi complètement idiot qu’après la CAN, on revient à la case départ. Il faut faire en sorte que l’après CAN ne soit pas un sujet d’inquiétude, un point d’interrogation, une sacrée incertitude voire un néant. Il faut gommer à jamais les assertions accordant la paternité de ses succès aux expatriés, aux binationaux, aux Réunionnais, à Nicolas Dupuis.
Certes, ce n’est pas une mince affaire mais c’est le pari à gagner pour que cette euphorie se perpétue, cette fierté soit une valeur définitivement acquise, cette identité retrouvée soit une marque déposée. En attendant la marche vers les sommets continue avec la Tunisie comme prochain client. Le rêve est plus que jamais permis.

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