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Editorial

De la terre à la une

Ce n’est pas trop tôt mais il fallait le faire. Le couperet lancé par le président de l a République contre le réseau d’accapareurs de terrain a été attendu depuis longtemps. Le mal est devenu très profond qu’il fallait taper du poing sur la table. Le président de la République a fait savoir qu’il ne cautionne ni protège qui que ce soit dans ces scandales financiers qui défraient les chroniques. Un message clair et sans équivoque a été envoyé au tribunal et aux juges pour déraciner le mal, démanteler le réseau mafieux qui mine le secteur minier et fait souffrir plus d’un.

Autant on s’offusque du comportement des marchands de rue qui squattent les trottoirs et affirment par dessus le marché qu’ils sont là depuis un demi-siècle et que le terrain leur appartient, autant on est ahuri des étrangers qui sortent de nulle part avec titres et certificats de toutes sortes pour prendre possession de votre terre où se trouve le fasandrazana. Une histoire incroyable dont les victimes font légion. Le réseau évoqué par le président de la République comprend plusieurs fonctionnaires depuis le président fokontany, le maire, le géomètre, le huissier, le juge… Dès que le président a annoncé la création d’un tribunal spécial pour régler les conflits fonciers, curieusement le Syndicat des magistrats est monté au créneau.

Pas plus tard qu’il y a quelques semaines en plein Tana, un homme a porté plainte contre des individus qui ont déplacé en catimini les razana conservés dans la tombe ancestrale se trouvant à dix mètres de sa maison. Après leur forfait, ils ont clôturé le terrain en présence d’un homme de loi et un acheteur potentiel. Il a fallu que le propriétaire monte sur ses ergots pour que les spoliateurs déguerpissent. Au tribunal, il a été vertement débouté par le substitut au parquet. Il a dû refaire la plainte au procureur car le dossier a disparu. C’est un exemple parmi tant d’autres de la galère vécue par la population pour jouir et protéger ses propres biens.

Le foncier a pris une telle importance ces dernières années que les spéculateurs ne reculent devant rien. Le bâtiment n’a jamais pris un tel essor que le prix des terrains explose. D’énormes enjeux financiers sont en jeu et tout le monde depuis le petit mpanera jusqu’aux grands fonctionnaires ferment les yeux.

On croise les doigts pour qu’au bout de trois jours le colloque d’Ivato sorte des résolutions en béton pour mettre fin à ce fléau qui fait que les doléances reçues à la mediature sont constituées en grande partie de litiges fonciers et que la Une des journaux est souvent squattée par des conflits terriens.

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