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Témoignages – « L’envie d’être mère consume tout mon être »

La vie n’est pas toujours des plus roses pour Tsiky. Le bonheur de la maternité lui échappe.

Tsiky ne connaît pas le bonheur d’être une mère de famille. Six grossesses ont toutes été un échec pour elle malgré des suivis par des spécialistes.

Tsiky, un nom anonyme pris pour la circonstance, essaie d’avoir un enfant depuis douze ans. Agée aujourd’hui de 36 ans, elle espère toujours porter un bébé dans ses bras, dans un avenir proche. Dès qu’on aborde le sujet touchant les femmes, la maternité ou les bébés, Tsiky ne peut que retenir ses larmes pour ne pas déranger autrui et surtout par crainte d’être humiliée. A la célébration de la fête des mères hier, Tsiky n’a pas manqué d’envoyer des petits mots doux à des mamans, à ses connaissances, sur son compte facebook et son compte tweeter. « C’est surtout pour la circonstance, mais surtout dans l’espoir qu’un jour, on me retournera les mêmes vœux » s’exprime-t-elle. On voit à travers ces messages que la jeune femme en souffre, intérieurement. Face-à-face, elle essaie de cacher sa tristesse. Le fait de ne pas avoir d’enfant et de ne pas tenir un bébé après six portées, pèse sur ses regards, sur son cœur. « C’est compliqué » dit-elle. « Pour ma part, je ne fais pas partie de celles qui ne peuvent porter un bébé dans mon ventre, je ne suis pas qualifiée de stérile mais tous les bébés que j’ai portés, meurent dans mon ventre au sixième mois de grossesse » explique-t-elle. Tsiky connaît les hôpitaux de la capitale, ou plutôt, les hôpitaux la connaissent. « J’ai parcouru tous les gynécologues, les professeurs en gynécologie de la capitale, mais aucun pour l’heure, n’arrive à expliquer ces complications in utero au sixième mois de grossesse » barbote-t-elle. La mort fœtale in utero, six fois de suite, est trop lourde à porter par la jeune femme.

Au début, on m’explique, à moi et à mon mari que tout va bien aller car l’utérus ne présente aucune lésion ni aucun autre problème caractéristique. Les spécialistes ont analysé une toxémie gravidique ou une certaine hypertension apparaissant essentiellement pendant la grossesse. Une complication qui pourrait ainsi influencer la vie du bébé. « Seulement, je me demande pourquoi la toxémie gravidique ne peut être résolue à chaque grossesse alors que nombreuses autres femmes peuvent très bien vivre avec et mener leur grossesse à terme » lance la jeune femme. « Toutes ces questions et ressentiments me consument jusqu’au fond de moi-même. L’envie d’être mère consume tout mon être » pleure-t-elle. Toutefois, Tsiky garde espoir. Sa dernière grossesse « non réussie » remonte à 2018. Depuis, elle se penche sérieusement sur la réflexothérapie et des massages spécifiques. Malgré le confinement, la jeune femme essaie quelques exercices matinaux pour son dos et quelques marches rapides pour stabiliser sa tension artérielle, qui est toujours normale, c’est-à-dire 12,8. « Je vais encore aller voir d’autres spécialistes. Je garde espoir. Dieu m’accordera cette faveur et me fera connaître le bonheur d’être mère » finit Tsiky, dans un sanglot plus qu’angoissé.