Editorial

Fait d’hiver

Le danger est-il derrière nous? Il semble que non à en juger les statistiques quotidiennes sur l’épidémie du coronavirus. Rien que ces dernières soixante douze heures, deux morts ont été déplorés et cent vingt cas ont été dépistés. La ville de Toamasina est devenue l’épicentre de la Covid-19 avec quarante deux cas rien que pour la journée d’hier. Dans l’ensemble le cap des mille cas est nettement dépassé. Ce qui en principe devrait conduire à la phase II de l’état d’urgence sanitaire c’est à dire des mesures plus serrées voire un confinement total. Dans la pratique c’est impossible après trois mois d’arrêt des activités. Alors que la situation s’aggrave, les gens ont tendance à réclamer l’assouplissement des mesures de barrière sanitaire pour pouvoir supporter le poids de la crise. L’état doit avoir un sacré talent de jongleur pour gérer ce paradoxe. Ce qui complique la lutte contre l’épidémie et l’avancée du coronavirus d’un bout à l’autre du pays.

Vérité ou infox, le froid semble favoriser la propagation du coronavirus. Les statistiques se sont envolées depuis que le mercure descend. Avec une moyenne de quarante cas par jour, on aura du mal à sortir de l’auberge. Avec le retour du marché hebdomadaire et l’allègement progressif des restrictions, il faut s’attendre à une lutte de longue haleine. Beaucoup de pays ont du d’ailleurs revenir au confinement total quelques jours après avoir desserré la vis à l’image de la Corée du Sud, pourtant prise comme modèle de réussite dans la gestion du coronavirus.

Tous les calculs, toutes les projections risquent ainsi d’être déjoués par cette pandémie. Il n’y a aucune visibilité possible quant à la fin de l’épidémie. Sitôt annoncée la fin de l’épidémie dans un pays qu’un nouveau cas apparaît à l’image de Maurice ou de Haute Matsiatra qui s’est empressée de déconfiner alors qu’un nouveau cas est apparu. Comme quoi il ne faut pas vendre les cornes du virus avant de l’avoir tué.

D’autres pays se sont résolus à vivre ensemble avec le virus pour ne pas sacrifier l’économie. Une résignation plutôt réaliste étant donné que la Covid-19 semble avoir signé un bail emphytéotique avec l’humanité et décidé de se rappeler à notre souvenir chaque année à la même période. Eh oui, la Covid-19 vaut plus qu’un fait d’hiver. Ce qui explique la recherche accélérée de remède et de vaccin. On a pris une avance dans ce domaine et ce n’est pas plus mal quoiqu’on dise.

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