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Programme pour le FMI – « Oui mais avec des mesures préalables »

Un accord financier d’un montant de 310 millions de dollars sur trois ans a été trouvé entre Madagascar et le FMI. Mais l’approbation définitive nécessitera encore la réalisation de certains préalables.

Une loi de finances rectificative à pondre et à faire adopter avant la fin du mois de juillet. Des promesses de financement jusqu’à 45 millions de dollars à trouver d’ici à un mois pour financer le budget jusqu’à la fin de l’année. Des engagements rapides des dirigeants de la Jirama (société de distribution d’eau et d’électricité) à réduire au minimum les contrats de gré à gré dans la fourniture d’énergie.
Les défis qui attendent la Grande île avant de pouvoir bénéficier définitivement de l’appui financier du Fonds monétaire international (FMI) au titre de la Facilité élargie de crédit sont encore immenses. Malgré l’optimisme affiché hier par le chef de l’État qui a parlé d’un « grand jour », les choses ne sont pas encore totalement acquises. « Les services du FMI et les autorités malgaches sont parvenus à un accord de principe sur un programme appuyé par la Facilité élargie de crédit », mais des mesures préalables sont requises, et un gap sur le budget doit encore être trouvé avant que l’accord ne soit définitif.
« Sous réserve que les autorités malgaches exécutent à temps les mesures préalables et obtiennent les assurances de financements nécessaires, le Conseil d’administration pourrait examiner, à la fin du mois de juillet, la demande d’appui au titre de la FEC présentée par Madagascar », a souligné Marshall Mills, chef de la mission du FMI, au cours d’une conférence de presse à Iavoloha.
Le ministre des Finances et du budget, Gervais Rako­to­arimanana se veut cependant positif. La loi de finances rectificatives est en cours d’élaboration et aucun détail n’a encore été livré sur les amendements à apporter, mais le Grand Argentier assure que le texte sera prêt à temps. « Nous bouclerons à temps la loi de finances rectificatives », a-t-il martelé.

Résultats concrets
Pour ce qui est des 45 millions de dollars de gap à trouver, Gervais Rakoto­arimanana paraît confiant. « Nous trouverons les voies et les moyens pour apurer ce qu’il y a à apurer », a-t-il indiqué. Il dit pouvoir « compter sur la Banque africaine de développement (BAD), l’Agence française du développement (AFD) et pourquoi pas la Banque mondiale » pour apporter ses promesses de financement.
L’examen du dossier de Madagascar par le Conseil d’administration du FMI, aboutissant au décaissement de la première des sept tranches prévues, dépend également des engagements faits en faveur du redressement de la Jirama (voir article en p.7 par ailleurs).
Et lorsque les autorités auront satisfait à ces préalables, et que le Conseil d’administration du FMI a fini d’accorder définitivement l’appui financier, un premier décaissement pourra avoir lieu. Mais le répit ne sera que de six mois. Les 310 millions de dollars seront décaissés tous les six mois pendant trois ans, et chaque décaissement sera précédé d’une évaluation des performances sur le semestre précédent. Et tout n’est pas gagné d’avance.
Les autorités ont pu défendre devant le FMI certaines réformes en adoptant certaines lois, pour ne citer que la nouvelle législation sur la corruption, mais si le Fonds semble s’être montré indulgent cette fois-ci, cela ne sera pas toujours les cas. « Il faudrait qu’il y ait aussi des résultats », a souligné Marshall Mills, interrogé sur la question de la corruption.
Spécialistes des nouveaux textes, les autorités ont montré peu d’expertise dans l’application des nouvelles lois, se contentant souvent des effets d’annonce, mais ne montrant aucun engagement dans la concrétisation. L’exemple de la chaîne spéciale sur les ressources naturelles est en ce sens révélateur : annoncée à grands coups de campagne médiatique, la chaîne ne semble jusqu’ici opérationnelle, et les affaires liées au trafic illicite de bois de rose continuent de rester impunies.

Lova Rabary-Rakotondravony