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Affaire Lylison René de Roland – Confusion autour du mandat d’arrêt

Devant la presse, hier, le commandant du CIRGN a confirmé l’existence d’un mandat d’arrêt contre le sénateur Lylison. Il n’a, toutefois, pas révélé le motif de la poursuite.

Motus. Si l’existence d’un mandat d’arrêt contre le sénateur Lylison René de Roland est confirmé, le motif de poursuite engagée contre l’élu reste, toujours, un secret jalousement gardé par les autorités étatiques, judiciaires, militaires et policières.

Questionné sur le motif de ce qui s’apparente à une « traque », contre l’élu de la province de Mahajanga, lors d’une conférence de presse à Ankadilalana, hier, le général Florens Rakotomahanina, commandant de la circonscription interrégionale de la gendarmerie nationale (CIRGN), a affirmé qu’elle est motivée « par un mandat d’arrêt », contre celui qui est aussi un officier supérieur des bérets noirs.

« Le mandat d’arrêt existe, j’ai une copie dans mon bureau. C’est un acte en bonne et due forme délivré par la justice », a soutenu le général Rakotomahanina. Questionné sur le motif de cet ordre de poursuite, pourtant, le commandant de la CIRGN a refusé de vendre la mèche, renvoyant la balle à ses supérieurs ou à la justice. « Nous avons reçu l’ordre de l’appréhender, c’est tout ce que je peux dire », a-t-il ajouté.

Autant le commandement militaire ou policière, que la justice, tous opposent, pourtant, un silence aux questions des journalistes concernant « la poursuite », donc, du colonel Lylison.

Secret

Depuis le début du dossier, c’est-à-dire le jour de la perquisition au domicile du sénateur, le 25 mai, à Ambohipo, le procureur général près la Cour d’appel (PGCA), et celle du tribunal de première instance (TPI), d’Antananarivo ont noyé le poisson en opposant « le secret de l’information », à la presse.

En marge d’une cérémonie de passation de commandement à Betongolo, le 1er juin dernier, Jacques Randrianasolo, PGCA, a indiqué, lors d’une interview accordée à une chaîne privée de la capitale que la justice compte suivre la procédure légale et que « l’immunité parlementaire du sénateur doit être levée avant que nous puissions engager une quelconque poursuite ». À lui d’ajouter, ce jour là, qu’une demande de levée de l’immunité de l’ancien commandant des Forces d’intervention spéciale (FIS), a été adressée au Sénat.

Les propos du PGCA ont déjà laissé entendre l’existence d’un mandat d’arrêt contre l’élu de la province de Mahajanga, bien qu’il n’ait pas lâché le mot. En tout cas, une démarche de demande de levée de l’immunité parlementaire devrait écarter l’idée d’un flagrant délit. Face à la presse, mardi, à Anosy, Honoré Rakotomanana, président du Sénat, a, toutefois, affirmé qu’aucune demande de levée d’immunité n’est encore enregistrée par l’institution qu’il préside. Un fait qui jusqu’ici reste inchangé, sauf changement de dernière minute.

 La déclaration du PGCA, du reste, ne répond pas à la question sur le motif de la poursuite engagée contre le sénateur Lylison. Mardi, encore, le numéro un de la Chambre haute a souligné qu’avant d’engager toute procédure, il faudrait d’abord définir les charges retenues contre l’élu de la province de Mahajanga. Contactés après les déclarations du général Rakotomahanina, le procureur Randrianasolo n’a pas pu être joint et la procureure du TPI s’est gardée de toute réaction.

Garry Fabrice Ranaivoson