Editorial

Un mâle nécessaire

Casé. Devenu électron libre, sinon au chômage « tactique », par l’omnipotence et l’omniprésence présidentielle sur le front de la lutte contre le coronavirus, le Premier ministre Christian Ntsay, par la force de la nature, a fini par trouver des occupations. Ou plutôt des préoccupations. Un partage tacite du travail, au sommet de l’Exécutif, lui confère de fait la gestion de la résurgence, pour ne pas dire de l’émergence subite du paludisme et de la dengue. Deux variantes de la fièvre tropicale, dans le sud-est et dans le Nord-ouest.

Accompagné du ministre de la Défense nationale, le général de Corps d’armée Richard Rakotonirina, et du ministre de la santé publique, Ahmad Ahmad, Christian Ntsay a débarqué dans le district de Vondrozo et Iakora, viviers d’anophèles et repaires des dahalo. Venu un hélicoptère, pour signifier qu’il est toujours aux manettes du gouvernement, il a fait oublier son absence et son silence sur les multiples actions du pouvoir visant à contrecarrer l’avancée insidieuse et sournoise du Covid-19.

Sa dernière apparition publique auprès du président de la République Andry Rajoelina, remonte au 20 avril au siège de l’Institut malgache de recherches appliquées, IMRA, lors de la cérémonie officielle de présentation et de lancement du remède traditionnel Covid-Organics. Une « désertion » qui a alimenté les spéculations les plus invraisemblables. Comme quoi, des divergences de conception dans la stratégie à adopter pour venir à bout du coronavirus, l’opposeraient au chef de l’état.

Mais de telles allégations, il en a entendu beaucoup. À la dernière session ordinaire de l’assemblée nationale, il était déjà question de collecte de 70 signatures des députés pour le démettre de la primature par une motion de censure. Une pure imagination et un vœu pieux des opposants, à l’approche des fêtes de fin d’année.

Christian Ntsay, selon les diagnostics politiques les plus objectifs, est le complément idéal pour Andry Rajoelina qui l’a choisi parmi tant d’autres. Quand le 26 mai 2018, la Haute cour constitutionnelle, prise en tenaille par les manifestations quotidienne au Parvis de l’Hôtel de ville des « 73 députés pour le changement », au lieu de sceller le sort de Hery Rajaoanarimampianina, a préféré couper la tête d’Olivier Mahafaly. Ce dernier contraint de quitter le Palais de Mahazoarivo pour laisser la place au Premier ministre de consensus issu des rangs du Mapar, dépositaire de la majorité issue des législatives de 2013. Quel imbroglio.

En outre, le profil de Christian Ntsay, ancien fonctionnaire d’un organisme international, habitué des arcanes de l’administration, au sens élargi du terme, ne pouvait que satisfaire les conditions requises par les bailleurs de fonds, dont les contributions financières sont si précieuses. avant, pendant et après la crise sanitaire qui a déjà malmené l’économie.

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