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Histoire des Sakalava – Une niche multiculturelle dans le Nord-Ouest

« Un peuple sans histoire, un peuple sans mémoire,  un monde sans vie », répète le professeur Bachir Sojay.

Les chercheurs approfondissent leur recherche sur les histoires du peuple sakalava. Cette quête les mène jusqu’à l’origine du peuplement de la Grande ile.

«Il est important de connaître son appartenance et son identité », cite le professeur Bachir Sojay, académicien et enseignant. Lors d’une conférence-débat sur « Le pays sakalava : une histoire », le mardi 7 mai 2019 à Mahajanga, il a souligné la particularité de Madagascar et sa richesse culturelle.

Le professeur Bachir Sojay est le directeur du Musée Akiba de Katsepy. Son intervention s’est focalisé sur la diversité du peuple sakalava constitué des Sakalava Antakarana, ceux de Boeny (à ne pas confondre avec la région Boeny), d’Antalaotra et de Menabe. « Le peuple sakalava vient du Sud-Est de Madagascar, notamment du Fiherenana et de la Baie de Saint-Augustin. » La formation du Royaume sakalava s’est faite à partir de la conquête de différentes régions de l’Ouest de l’île. Le débat qui a suivi la conférence, a mis la lumière sur l’arbre généalogique de ce peuple, à travers les rois qui se sont succédé. Cependant, les recherches continuent en se basant sur des collections ethnographiques, des documents et des archives de missionnaires (comme au Canada), les mœurs des Malgaches, ainsi que de la confrontation des témoignages des anciens.

Patrimoine immatériel
Le professeur Bachir Sojay a aussi fait le lien avec les origines du peuplement de Madagascar, d’abord avec l’arrivée des Arabes du Golfe persique, d’origine Chiraz, sur la côte occidentale de Madagascar, vers le IVe siècle, puis des Malaisiens et des Swahilis. « Les Arabes du Golfe persique étaient des marins. ls avaient découvert Madagascar, en passant par l’Afrique de l’Est. Leurs principales activités étaient le commerce, la pêche et les voyages d’exploration. Ils avaient découvert Mahajanga durant la période de floraison des fleurs, notamment des baobabs, d’où l’appellation M’Jiongaya, la Cité des Fleurs, en langue arabe, ou Moudjiwa Angaya en kisawahili », explique-t-il.

Le musée Akiba de l’Université de Mahajanga mène aussi des recherches sur l’histoire de la région, les particularités de ce peuple par rapport aux tresses, à ses rites comme le Rebiky ou le respect des lieux sacrés, les Doany etc., qui se perpétuent jusqu’à aujourd’hui.

L’Unesco a soutenu ses recherches en rappelant que l’histoire fait partie des patrimoines culturels immatériels. « C’est la société elle-même qui donne une valeur au patrimoine, que ce soit à partir des valeurs historiques, des valeurs anthropologiques ou des valeurs artistiques. Certes, les expressions artistiques demeurent et sont transmises de génération en génération, mais les principes et les bases doivent toujours être protégés, pour qu’ils ne soient pas engloutis », explique Suzy Mamisoanirina, chargée du programme Culture, communication et information à la Commission nationale malgache pour l’Unesco. L’inscription des patrimoines mondiaux par cette organisation des Nations unies chargée de l’éducation, de la science et de la culture, se fait tous les deux ans, l’exclusivité de l’élément culturel étant le principal critère d’inscription.

Mampianina Randria