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Editorial

Ruée vers l’inconnu

Dépassé par les événements. Voilà le moins que l’on puisse dire de ce qu’a enduré Joël Randriamandranto, ministre des Transports, du tourisme et de la météorologie. Il est le principal concerné par les directives présidentielles ayant accordé trois jours pour les provinciaux désireux de rentrer chez eux. Une disposition valable pour les tananariviens bloqués ailleurs voulant revenir dans la capitale et ses régions.

Les photos des trois hommes, habitants de la commune rurale d’Andramasina, qui ont travaillé à Toamasina, agrippés à l’arrière d’un camion sur la route nationale deux, pour rallier Antananarivo, vues sur les réseaux sociaux, ont révélé l’acuité des problèmes vécus par ces immigrés malgré eux dans leur propre pays. D’où la décision présidentielle de rouvrir les frontières et donner le feu vert aux taxis-brousse de reprendre leurs services après deux semaines d’arrêt total de travail.

Mais cette initiative a été destinée à ceux qui étaient bloqués là où ils ne devaient pas être après les mesures édictées par l’état d’urgence sanitaire, selon les explications apportées par Joël Randriamandranto. Plusieurs autres personnes voulant fuir la capitale, considérée comme étant le foyer du virus corona, ont pris d’assaut les gares routières. Il a fallu suspendre les autorisations de sortie au préalable pour éviter les bousculades pouvant être mortelles.

Un retour de manivelle en pleine figure des responsables ayant organisé ces voyages à haut risque. La propagation du covid-19 a trouvé un terreau propice durant les trajets de plusieurs heures. Des autorités régionales devant accueillir ces « contaminés potentiels » ont pris des mesures radicales. Comme celle de Boeny. La mise en quarantaine de tous les « intrus », sans exception. Ce qui va priver les « fuyards opportunistes » de l’air vivifiant des bords de la mer.

Pris au dépourvu par cette vague humaine inattendue, les programmeurs de ces « évasions » ont imposé que les noms et prénoms, adresses et numéros de téléphones des passagers dans chaque véhicule doivent être enregistrés dans le manifold en trois exemplaires. Un suivi des plus aléatoires de ces nomades voulant profiter des vacances de Pâques par le beau temps qui s’installe.

Seuls les propriétaires des taxis-brousses et leurs employés ont tiré le marron du feu. Ils ont obtenu la hausse exponentielle de leurs tarifs. Au-delà des 100%, pour compenser un retour sans « pèlerins ». Mais ils peuvent encore ramasser des « bohémiens » en cours de route… Tout bénéf, en somme.

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