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Confinement – L’armée déploie l’artillerie lourde

La  colonne  motorisée  et  pedestre  de  l’Armée  sillonne  les rues  de  Tana.

Faire respecter les dispositions de l’état d’urgence sanitaire et des mesures de confinement reste difficile. L’armée est densément mobilisée pour remettre les pendules à l’heure.

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Faire respecter les mesures en vigueur durant cette période d’état d’urgence sanitaire et le confinement est le mot d’ordre. Pour l’appliquer, une forte garnison militaire est déployée à Antananarivo et ses environs depuis, hier.

« Cette action sert à la fois de rappel à l’ordre, de sensibilisation et de dissuasion à ceux qui outrepassent les mesures de confinement », explique le général Richard Rakotonirina, ministre de la Défense nationale. Le membre du gouvernement souligne, du reste, « certains semblent ne pas se rendre compte que nous sommes dans une situation d’exception, un état d’urgence sanitaire ». En guise de piqûre de rappel aux habitants, l’armée a donc, investi les rues de la capitale et ses environs.

En ce troisième jour de la reprise du confinement, le 2e échelon d’intervention, venant d’Imerintsiatosika, ont été mobilisés en renfort aux troupes basées dans la capitale. Des véhicules blindés auréolés de longs cordons d’éléments à pied ont sillonnés les rues. À coup de mégaphone, les militaires ont demandé à tous ceux qui squattaient des rues de rentrer chez eux. Le déploiement a démarré à Fenoarivo, en passant par Anosizato, Anosibe, le centre-ville, ou encore Ankorondrano et les 67ha.

Relâchement

« Les marchands de rues, les gens qui n’ont pas de raison majeure pour sortir, ou ceux dont les activités économiques ne sont pas autorisées en cette période d’état d’urgence et de confinement », sont les principaux destinataires de cette action, selon le général Jean Claude Rabenaivoarivelo, chef d’état-major des armées fraîchement nommé, interviewé par la télévision nationale. Un relâchement est en effet, constaté face aux dispositifs édictés par le président de la République à appliquer en ces temps d’exception.

Le chef de l’État a décrété la reprise pour quinze jours de l’état d’urgence sanitaire sur l’ensemble du pays, et le confinement partiel pour la même période dans les régions Analamanga, Antsinanana et Matsiatra Ambony. Depuis lundi, pourtant, les embouteillages réinvestissent les rues d’Antananarivo. Il y a foule sur les trottoirs. Même les marchands de rues reviennent et autres vendeurs à la sauvette reviennent en force.

Des quincailleries, des mécaniciens de moto et de voiture et autres commerces de produit non essentiel ayant pignon sur rue reprennent leurs activités. Même les heures de couvre-feu ne sont pas respectées dans certains quartiers. « Les mesures antérieurs restent en vigueur », a souligné le président Andry Rajoelina, à propos de l’état d’urgence et du confinement, dans son discours à la nation, dimanche. Alors que la police et la gendarmerie sont déjà sur tous les fronts, l’indiscipline des citoyens nécessite, visiblement, que même l’armée déploie les grands moyens.