Culture

Sixième art – Antsahamanitra accueille la plus vieille pièce théâtrale au monde

Mireille Herbstmeyer en pleine action dans la pièce  « Les Sept contre Thèbes » d’Eschyle.

« Les sept contre Thèbes » et « Les Perses », deux fragments de pièce écrite par Eschyle, 72 ans avant JC vont être joués par des acteurs internationaux à Antsahamanitra.

Comme dans l’ancien temps grec. Le théâtre de verdure d’Antsaha­manitra retrouvera sa vocation première en accueillant, ce dimanche 14 avril à 15 heures, la plus vieille pièce théâtrale dans l’histoire de l’humanité. Trois acteurs internationaux vont faire vivre deux tragédies écrites, il y a 2 500 ans, par le Grec Eschyle, presque dans les conditions originelles.

Mireille Herbstmeyer, Philippe Girard, et Frédéric Giroutou Le Sacripan, les trois comédiens qui vont assurer les rôles principaux dans « Les sept contre Thèbes » et « Les Perses », sont déjà dans la capitale. « Retourner à l’origine même du théâtre est l’objet de cette mise en scène. Sans décor, sur un plateau nu comme ça se faisait chez les Grecs à l’époque d’Eschyle qui a inventé l’action dramatique. La parole dans ce théâtre là n’est qu’action. C’est ce qui est mis en œuvre. Çà demande une rigueur presque millimétrée et Antsahamanitra remplit les conditions pour donner un effet optimal. Nous allons jouer sur une scène disposée au milieu du public. Et cette proximité va à la fois le déstabiliser et l’amener à faire partie prenante de ce qu’on fait. Le public joue avec nous. Il est à la fois la Cité et le chœur. Ce qui rend les représentations accessibles à tous. Jouer à l’extérieur amène aussi quelque chose de très beau. Il y a la nature, la vue et la vision qui vont faire de ce moment à Antsahamanitra un plaisir à part pour nous les acteurs et aussi pour le public malgache», expliquent-ils.

Voyage imaginaire
Mis en scène et traduits en français par Olivier Py, ces deux extraits de pièce très ancienne raconte la réalité de la guerre, une histoire qui est, hélas, toujours contemporaine. Ils forment la Trilogie de guerre d’Eschyle et s’inscrivent dans la suite logique de « Prométhée Enchaîné », et « Les suppliantes » présentées sur la scène de l’Institut français de Madagascar ou IFM à Analakely en 2017.

« Partout où on les a joué, en Russie, au Maroc, aux Etats-Unis, en Grèce, ou ailleurs, ça crée toujours le même suspense. Les gens sont totalement pris de vertige, de questionnements face à ces œuvres qui parlent de l’Essence de l’homme. Ce qui fait qu’Eschyle est universel. La guerre naît uniquement de l’excès de pouvoir des hommes selon ses propos », ajoutent les trois acteurs.

Ces pièces théâtrales marquent la semaine dédiée aux « Eternités…de la Grèce » de l’IFM. Du 8 au 14 avril, projections de films et concerts de musique grecque donnent à vivre un véritable voyage imaginaire, du monde antique jusqu’aujourd’hui, des rives de la mer Egée à l’océan Indien, du théâtre d’Epidaure à celui d’Antsahamanitra.