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Opinions Texto de Ravel

Merci pour les fleurs mais…

8 mars 2022, on ne peut que remercier ces élans de galanterie envers les femmes. Commerciale pour bon nombre. Des soins spa à prix réduit, des prix bradés sur tel ou tel outil ménager et la liste est longue. Et puis, il y a aussi ces mots doux pour la journée de ces dames.

Bonne fête ! Mais on fête quoi ?

Nous ne sommes point contre les communications, les gesticulations mais pour une fois parlons vrai et posons-nous la question. Le 8 mars, il s’agit de parler des droits de la femme et non une ode à la féminité.

Personnellement, j’ai trouvé touchant l’effort de nombreuses entreprises qui ont donné des fleurs, du chocolat, des colliers et d’autres « gâteries » à leur personnel féminin. Une très bonne initiative certes. Mais il serait mieux, nettement mieux si en retour ces dames puissent demander plus. Car le chocolat se mange, les fleurs se fanent mais les droits restent.

Un grand merci à ces entrepreneurs qui ont pensé à elles. Mais que l’on ne s’y trompe pas. Il aurait été superbe de voir ces dames, discuter de leurs congés de maternité et leurs droits pour ne parler que du salaire qu’elles perçoivent lors de ces congés. Pourquoi ne pas parler des licenciements abusifs dès lors que les ressources humaines savent qu’elles sont enceintes. Et l’équité des salaires, on en parle ?

Il aurait été superbe, avec les chocolats, de voir un petit mot disant que les entreprises accordent ce que l’on nomme ailleurs « un jour de femme ». Un jour par mois, non travaillé et payé qui permettrai à toutes celles qui ont des règles douloureuses de se reposer. Ou bien, de voir l’engagement des entreprises de créer des crèches pour que les mères puissent allaiter leurs enfants. Ou mieux, des suivis psychologiques gratuits, des serviettes hygiéniques gratuites, des centres de prise en charge en cas d’agression.

Au -delà des fleurs, quels son t les engagements face aux harcèlements sexuels, la corruption sexuelle, les attouchements, les viols qui subsistent dans les entreprises à Madagascar sans que des règlements protégeant efficacement nos femmes soient mis en vigueur. Avons-nous déjà entendu l’aboutissement de telles affaires au niveau des tribunaux ? Avons-nous déjà vu une femme traîner son employeur devant la justice et gagner gain de cause ? Que met-on sur la table pour les prises en charge de nos familles, les prises en charge de notre promotion professionnelle ? Car, oui, le plafond de verre existe bel et bien à Madagascar.

Malgré les discours, les textes de loi et la communication, la situation sociale, économique et psychologique des femmes Malgaches, dont celles en entreprise restent encore très difficiles. Le système administratif des entreprises malgaches pénalise énormément les femmes en ne mentionnant comme exemple que leur droit durant les maladies et les grossesses. Les violences faites aux femmes don t les violences sexuelles comme les attouchements, le viol, la corruption sexuelle sont mis sous silence.

Alors, merci pour les fleurs mais ce n’est pas de petites intentions dont nous avons le plus besoin. C’est des réformes pour que les femmes en entreprise puissent être égales aux hommes en droit et en pouvoir.

Ainsi mesdames, persévérons pour que le 9 mars, on nous accorde plus.

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