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Editorial

Cafarnaüm

L’ère Ahmad est définitivement terminée au sein de la CAF. Le TAS a confirmé la sanction infligée par la FIFA même si la peine et l’amende ont été revues à la baisse. Il aura effectué un mandat au cours duquel il a révolutionné beaucoup de choses dont la plus importante est sans doute l’élargissement à vingt-quatre équipes le nombre de participants à la phase finale de la Can. Il a également changé la période de la phase finale déplacée de janvier à juillet. Il savait que dès que le comité exécutif de la CAF avait remis en cause sa candidature, les carottes étaient cuites pour lui. On voyait mal le TAS blanchir Ahmad et infliger un camouflet à la FIFA. C’est un cas qui ne s’est jamais produit. Même pour Blatter et Platini, il avait procédé de la même manière.

La CAF aura un nouveau président à partir du 12 mars en la personne du milliardaire sud africain Patrice Motsepe, le préféré de la FIFA. Les dés sont jetés avant même le vote étant donné que la FIFA, avec son président Gianni Infantino aux manettes, a tout arrangé. Il s’agit donc d’une pure formalité pour le Sud africain, battu à plate couture comme le Camerounais Issa Hayatou par Ahmad il y a quatre ans.

On ignore donc si on peut encore appeler élection un scrutin à candidat unique après le désistement des trois autres prétendants sous la pression de la FIFA et auxquels l’instance gérée par Infantino a promis des postes auxiliaires. Si ce n’est de l’ingérence pure et simple, ça y ressemble. Pire, on sent une élection manipulée et tronquée à mille lieues. Pour l’Afrique c’est une honte que de se laisser faire. On ignore s’il est dans les prérogatives du président de la FIFA de manipuler l’élection d’une confédération de cinquante-quatre pays. C’est pire que l’octroi de l’organisation d’une coupe du monde pour lequel Sepp Blatter et Michel Platini avaient été sanctionnés sans preuve tangible.

On se demande si Gianni Infantino oserait faire la même démarche à l’élection du président de l’UEFA ou de la Concacaf. Ce serait un beau scandale.

La FIFA voulait certainement éviter une mauvaise surprise comme la victoire sans bavure d’Ahmad aux dépens de son allié éternel Issa Hayatou il y a quatre ans. La FIFA considère visiblement la gestion du foot en Afrique comme un Cafarnaüm. C’est triste et révoltant.

Dans tous les cas, la messe est dite et le nouveau président arrivera comme mars en carême.

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