Chronique

Chronique de VANF – Oeillère d’une porte trop basse

Éclairer, ventiler, réguler la température. Surtout, une fenêtre ouvre le regard sur le monde et brise le bunker psychologique. Pourquoi ai-je donc l’impression que se multiplient les constructions dont les chiches ouvertures dessinent des meurtrières de casemate ?

Au Collège jésuite Saint-Michel d’Amparibe, dans le vieux bâtiment central dont la construction avait débuté en mai 1897 sur les bords du lac Anosy, nous avions eu la chance d’étudier dans des salles de classe généreusement éclairées par des portes-fenêtres. Même dans les trois autres immeubles ultérieurs (Petit Collège en 1951, Vohijoky ou Technique 1 en 1954, Vohitraivo ou Technique 2 en 1963), les chassis métalliques n’étaient pas avares de centimètres, évitant, à nous autres élèves, le sentiment de confinement qui aurait malencontreusement aggravé l’ennui propre à notre âge.

Mieux parlant que tous les décamètres : la réalité de la Bibliothèque du Collège dont la hauteur sous plafond autorise l’installation d’une mezzanine sans que l’on doive se tenir courbé, dessus comme dessous.

Cette générosité de centimètres, on la retrouve sur la façade du «Bahut» (le lycée Condorcet passé à la postérité comme lycée Gallieni malgré la tentative de le malgachiser, et surtout le décoloniser, en lycée Andohalo) ou la façade principale de l’ESCA, le collège des Frères du Sacré-Coeur à Antanimena (1932).

Ce n’est pas exactement la même impression quand on avise les écoles ou bureaux qu’avait livrés le FID : des cubes robustes de béton, à faible pente de toit, assez bas de plafond. Leur aspect juste fonctionnel semblait les destiner à un abandon en bordure de routes nationales, oubliés de l’administration mais visités par les pilleurs de matériaux.

Pourquoi ai-je l’intutition que la largesse d’esprit se nourrit d’une vue plus large que le paysage d’une claustra et d’un jour plus panoramique qu’un vasistas ?

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