Ville de Toliara - Ankilisoafilira ou les arbres à palabre, souillé


Un site historique de Toliara perd sa valeur. Ankilisoafilira devient l’endroit privilegié des sans-abris et des mendiants. La saleté y règne en maitre. SCÈNE navrante tous les jours. Une famille entière arrive vers 7 heures du matin et s’installe aux abords d’Ankilisoafilira. Plutôt une femme avec quatre enfants de 14 ans, 10 ans, 6 ans et un an, étale «  leurs affaires  » sous l’abri qui fait face à l’Office du Tourisme, en plein centre de la ville de Toliara. Des draps et des semblants de couverture, un panier contenant tout et rien, des bouteilles en plastique, un bidon jaune sont éparpilés sous l’abri en tôle galvanisée. Plus loin, sous l’ombrage des trois tamariniers qui ont donné son nom à l’endroit, Ankilisoafilira, une autre s’installe aussi. Des enfants mendiants arrivent. Ils jouent, courent et crient, dérangeant la paix de certains passants qui profitent un peu de l’ombrage vu la température montante du matin. Un autre groupe de trois individus, plutôt jeunes semblent avoir dormi sur des bancs toute la nuit et font encore la grasse matinée, ensevelis dans de vieilles couvertures. Tout au long de la journée d’observation, on dénombre pas moins d’une trentaine de sans-abris, d’enfants et d’adultes, tous mendiants, occuper la place mythique d’Ankilisoafilira. L’endroit a pourtant été amenagé il y a quelques années, pour valoriser son histoire. Mais il devient sale avec des traces d’urine, des ordures, des épluchures de litchi et de mangues, des sachets usés, des boites de biscuits et autres alors que des petits dépôts d’ordures y sont ins­tallés. Sans parler de l’odeur nausé abonde qui s’y dégage. Actions Ankilisoafilira naquit à l’ère coloniale. Le chef de canton de l’époque, Soafilira, un Vezo d’Anketrake, tenait les réunions de chefs de village sous les tamariniers. Le tamarin,  «  le kily  » fruit du tamarinier, fut consideré comme sacré de par le fait que des différends se règlaient sous l’égide de ces arbres. Depuis, les arbres à palabre ont gardé leur valeur culturelle et sociale. Des réunions importantes s’y tiennent encore. Des événements culturels y sont organisés à l’instar du « Takarivan’i Toliara » où les artistes locaux peuvent se faire connaitre. C’est un point de repère incontournable pour tout organisateur d’événements à Toliara. «Nous leur avons déjà offert de la nourriture à une époque et des organisations non gou­vernementales ont proposé de l’abri et du travail à certains d’entre eux. Mais ils n’en veulent pas. Ils partent deux ou trois jours et reviennent toujours sur les lieux. Ils vivent pour la plupart dans des maisons de, derrière les grands hôtels du jardin de la mer ou du côté du gymnase couvert», explique Tsiresy Barack, mobilisateur social au près de la direction régionale de la Population d’Atsimo-Andrefana. Les enfants mendiants sont les cibles privilégiés des pédophiles de Toliara. C’est le lieu de rendez-vous ou plu tôt de signal pour des sorties vers la RN9 particulièrement. La commune urbaine de Toliara a procedé hier, à une mobili­sation des occupants des lieux. Ils ne sont plus autorisés à s’y installer.
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