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MINES – Le secteur extractif dans l’expectative

Le ministre des Mines et des ressources stratégiques Olivier Rakotomalala.

Le secteur minier serait-il le grand oublié du Plan émergence Madagascar, PEM ? Des professionnels de la filière commencent à se poser des interrogations sur la question.

Une absence remarquée. Celle du secteur mi­nier parmi les axes stratégiques du PEM. Aucun panel dans ce sens n’a été organisé lors du Forum national des investissements de deux jours au Centre de conférences international d’Ivato. La Chambre des mines et la Fédération des opérateurs miniers, dans un communiqué publié dans la presse, s’étonne d’une telle méprise. « Les autorités ont-elles renié à faire de Madagascar une puissance en devenir du secteur extractif » appréhendent-ils. Ils émettent alors des réserves sur les réelles orientations choisies. « Ceci nous amène à nous interroger sur les sujets laissés en suspens depuis des années tels que la non-application du Code minier en vigueur, la situation persistante de gel des permis miniers ou le choix du prochain cadre légal », lancent-ils. Ils rajoutent une couche que « refuser de trouver des solutions appropriées à toutes ces questions et de soutenir le secteur minier formel équivaudrait à encourager les trafics de substances minières au détriment des populations des zones hôtes, de l’environnement et de l’économie toute entière ».

Libérer les exportations

Ces opérateurs, toutes envergures confondues, ont toujours été convaincus que la possible contribution effective des mines industrielles serait décisive sur le développement du pays. En étalant des chiffres d’une étude de perspectives effectuée par la Banque Mondiale. Celle-ci, l’estime à 14% du Produit intérieur brut, (PIB), d’ici 2025 contre 6% aujourd’hui. Trop insignifiant par rapport au potentiel existant. Le secteur minier pourrait aussi fournir 54% du total des exportations nationales dans cette même projection si les exportations de produits miniers stagnent depuis des années à 30%, rapportent-ils. Le ministre des Mines et des ressources stratégiques, Herindrainy Rakotomalala, sous la pression des milliers de petits exploitants, a concédé « à libérer » les exportations des gemmes et pierres précieuses. Mais il reste évasif sur celles de l’or, toujours suspendues.

Une mesure qui a fait prospérer les trafics, selon des organisations de la société civile. Ces frondeurs souhaitent « établir une compréhension mutuelle des réalités d’un secteur déjà largement fragilisé par une gouvernance pour le moins chaotique ». Ils attendent du Gouvernement des décisions concrètes, et non pas « des lettres d’intention », dont des avancées significatives dans l’amélioration de la gouvernance du secteur minier. Ils sont ruinés par la prolifération des exploitants informels.

« Conjuguer la volonté de l’administration de prendre des initiatives visant au renforcement de la gouvernance sectorielle ainsi que l’amélioration des capacités des acteurs et du climat des investissements est le souhait de tous », ont-ils proposé. Plusieurs chantiers sinon des galeries à creuser attendent alors Herindrainy Rakotomalala. Le projet de Code minier dépoussiéré, une défense des intérêts du secteur minier d’où il est issu, gérer des crises latentes comme celles qui opposent des partisans du président de la République Andry Rajoelina, reconquérir la confiance des majors qui ont abandonné des blocs pétroliers, perdue dans les dédales d’un régime fiscal prohibitif.

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