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MACRO- ÉCONOMIE – Les dettes publiques s’effritent

Andry Nirina Rajaofetra, Directeur général du Trésor, aura fort à faire pour gérer les dettes publiques.

Un cas peu évoqué mais d’une importance particulière dans les perspectives économiques et financières. Celui des encours des dettes intérieures et extérieures. Des statistiques d’une précision chirurgicale. À prendre de surcroit avec des pincettes. « L’encours de la dette publique a connu une diminution de 127,7 millions de dollars entre fin mars et juin 2022 ». Selon le bulletin statistique de la dette, publié par le Trésor Public. Il est passé de 5 064,1 millions de dollars, soit 20 129,8 milliards d’ariary, à 4 936,4 millions de dollars, soit 19 509,1 milliards d’ariary. à fin Juin 2022, l’encours est composé à 81,6% de dette extérieure et 18,4% de dette intérieure. Pour ce qui est de la dette garantie par l’État, elle a connu une légère baisse essentiellement due à la variation de change. à fin Juin 2022, son encours est de 5,9 millions de dollars, 23,9 milliards ariary, dont une partie formée de garantie sur emprunt de 3,5 millions de dollars, l’équivalent de 14,3 milliards d’ariary. À propos de la dette extérieure, elle est passée de 4 138,3 millions de dollars, soit 16 449,5 milliards d’ariary à fin mars 2022 à 4 028,9 millions de dollars, soit 15 811,3 milliards d’ariary à fin Juin 2022, soit une réduction de 2,6%.

Chiffres évolutifs

L’encours est constitué à 72,2% de dette envers les organisations multilatérales, 12,8% envers les créanciers bilatéraux, 1,6% envers les banques commerciales, 8,1% envers les institutions financières, et 5,3% sont des paiements qui n’ont pas été réclamés par les créanciers. Si 50,2% du portefeuille de la dette publique extérieure sont exposés aux fluctuations du dollar américain, 24,7% sont tributaires des variations instables de l’euro. Ces chiffres sont évolutifs au gré des accords de prêts contractés. Aussi, rien ne permet de les apprécier à leurs justes valeurs. D’autant qu’aucune réunion des Clubs de Londres et de Paris, les instances qui gèrent les dettes privées et publiques de Madagascar n’ait eu lieu ces dernières années. Leurs dernières clémences remontent en 2014. Ayant fait bénéficier à Madagascar des retombées nauséabondes des clauses relatives à l’Initiative des pays pauvres très endettés, IPPTE.

Un statut honteux mais fêté en grande pompe par le régime de Marc Ravalomanana. Comme si c’était une grande victoire sur l’omnipotence du capitalisme occidental. Par un match de football au stade de Mahamasina, opposant les membres du gouvernement de Jacques Sylla aux diplomates et représentants des organismes internationaux accrédités. Madagascar a obtenu des effacements, des aménagements sur les échéances de paiement, et des rachats de ses dettes au profit des projets environnementaux, par des âmes de bonne volonté. La crise sanitaire du coronavirus a fragilisé davantage ces pays surendettés. Mais les bailleurs de fonds préfèrent financer « la résilience », marinée à toutes les sauces. Au lieu de se pencher à alléger le fardeau de la dette qui pèse sur l’économie mondiale. En fait, le montant des dettes en lui-même importe peu. C’est la capacité de rembourser qui vaut un intérêt particulier. Qu’on soit débiteur ou créancier. Tout est relatif dans ce type d’exercice d’équilibre.

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