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Editorial

Copromission

De quoi accouchera la COP 27 d’égypte? De pas grand chose à priori. Depuis la Cop 1 ( Conférence des pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies) à Berlin en 1995 où le réchauffement climatique a commencé à inquiéter le monde, la réunion mondiale sur le climat a toujours été un dialogue de sourd entre les pays riches pollueurs et les pays pauvres qui souhaitent mener à bien leur développement sans renoncer aux énergies fossiles. La conférence de Berlin a accouché ainsi d’une souris sans décision notable à l’arrivée. Il a fallu attendre la Cop 2 de Kyoto au Japon deux ans plus tard pour arriver à des résolutions de réduction de 5% de l’émission de gaz à effet de serre. Le bel élan sera stoppé net lorsque les États- Unis de Georges W. Bush ont refusé de ratifier l’accord.

Depuis la série de Cop a toujours été le théâtre d’un bras de fer entre les pays industrialisés et les pays pauvres. Ce clivage ne sera résolu que lors de la Cop 21 à Paris en 2015 où tous les pays qu’ils soient riches ou pauvres se sont engagés volontairement à prendre des mesures. Mais de l’intention à la concrétisation il y a loin de la coupe aux lèvres. Les grands pays comme les États Unis ou la Chine ont toujours refusé d’appliquer les mesures et d’indemniser les pays pauvres. Réduire l’émission de Co2 équivaut à dire réduire la production donc réduire la croissance, réduire les profits. Ce qui est tout a fait contraire aux objectifs d’une économie capitaliste.

En Égypte on inclut pour la première fois le financement des dommages climatiques dans les débats mais il ne faut pas se faire d’illusions. Il ne sera pas question de décaissement. Les grands pays n’ont jamais admis qu’ils sont les seuls responsables du réchauffement climatique. Entretemps l’environnement ne cesse de se détériorer. Entre deux Cop, les dégâts se décuplent à vue d’œil à travers le monde et les pays qu’ils soient pauvres ou riches. L’existence humaine est de plus en plus menacée par le réchauffement climatique. Mais cela ne semble guère préoccuper les dirigeants des pays industrialisés. Entre la course à la croissance et la réduction des émissions de CO2, les objectifs sont juste incompatibles. Il s’agit de deux droites parallèles qui n’ont pas de point de jonction. Et le monde continue la politique de la terre brûlée. Au sens propre.

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