Editorial

Sécession

Éternel. Depuis sa création le Syndicat des enseignants chercheurs ou Seces a toujours fait parler de lui dans les revendications. La une des journaux de la première République ressemble à s’y méprendre à celle de la presse d’aujourd’hui. Le Seces faisait déjà l’actualité et continue de la faire. Autrement dit les problèmes sont restés les mêmes et n’ont pas trouvé de solution depuis un demi-siècle. Rien que depuis dix ans au moins cinq ministres se sont occupés de l’Enseignement supérieur sans pouvoir trouver une issue à cet imbroglio. Des négociations, des pourparlers suivis de certaines décisions ont eu lieu régulièrement. Une accalmie est constatée, les cours reprennent jusqu’aux examens. Puis le mouvement reprend avec l’arrêt des activités, le gel des notes. La crise est cyclique , le problème reste entier. Enseignants et étudiants se relaient dans les grèves avec comme dénominateur commun une histoire de sous.

De quel côté se trouve la mauvaise foi ? Est-ce un manque de volonté de l’État de s’occuper de près du cas de ces enseignants ou une indifférence vis-à-vis de l’enseignement et des enseignants devenus le parent pauvre de tous les régimes après la première République? Il faut dire que les grèves du Seces même si elles sont absolument légitimes, ont toujours eu des dessous politiques. À preuve, plusieurs présidents du Seces sont affiliés à des partis politiques et ont occupé des portefeuilles ministériels. Cela dit, ce n’est pas une raison pour ne pas considérer les revendications du Seces et permettre en permanence un foyer de tension inutile.

Le Seces gonfle-t-il les heures complémentaires de recherche pour avoir un montant jugé exorbitant par l’État? À chacun son mode de calcul, dans tous les cas un enseignant qu’il soit chercheur ou pas n’est pas assez payé par l’État. On a d’ailleurs du mal à comprendre pourquoi l’État ne montre pas aux enseignants chercheurs la même sollicitude qu’aux enseignants Fram recrutés illico presto sans la moindre formalité ?

Si le niveau des élèves dégringole aujourd’hui, c’est qu’à la base ils n’ont pas été pris en main par des enseignants qualifiés. C’est un autre débat mais tout est lié. Le drame aujourd’hui est que les vocations d’enseignants commencent cruellement à manquer et pour cause. Les universités sont confrontées à une insuffisance d’enseignants aujourd’hui alors que l’État n’autorise pas le maintien des enseignants ayant atteint l’âge de la retraite.

Si la résolution du problème est une question de sous, il suffit de se priver de certains caprices si tant est si bien que l’enseignement est vraiment une priorité de l’État. Les enseignants méritent bien tous les égards de l’État au même titre que les migrants au Koweït ou les détenus d’Antanimora. Leur seul tort peut être est de ne pas être porteur en terme de communication. Ils sont donc contraints de passer par une sécession pour faire valoir leurs droits. L’État n’a pas intérêt à laisser pourrir la situation à un moment ou tout désormais est prétexte à une explosion sociale.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter