Accueil » Social » Santé mentale – Les troubles mentaux méconnus
Social

Santé mentale – Les troubles mentaux méconnus

Professeur Bertille Hortense Rajaonarison, neuropsychiatre des hôpitaux, lors de son intervention, hier.

Les troubles mentaux existent dans la société et le nombre de malade augmente d’année en année. Une sensibilisation sur ces troubles est importante.

Le constat, ces dernières vannées, montre que le nombre de personnes atteintes de troubles mentaux augmente. «On dénombre plusieurs troubles mentaux. Les cas de dépression et de schizophrénie sont les plus fréquents.Par ailleurs, les études effectuées ont montré que le taux de suicide chez les jeunes est en hausse chaque année », indique le Professeur Bertille Hortense Rajaonarison, neuropsychiatre des hôpitaux et Chef de service santé mentale au sein du Centre Hospitalier Universitaire de Soins et de Santé Publique d’Analakely (CHUSSPA).

Selon l’état des lieux sur les troubles anxieux de l’adulte en date de 2017 au niveau du CHUJR Befelatanana, CHUSSP Analakely et au CHPSBM Imerintsiatosika par Andrianarivony BH, le syndrome dépressif a été la comorbidité la plus fréquente avec un taux de 46,88%. Selon le Professeur Rajaonarison, la dépression est due à plusieurs facteurs. « Dans la plupart des cas, la dépression vient après un choc psychologique, à savoir un échec après examen, ou encore une déception amoureuse.

D’autres facteurs peuvent entrer en jeu », enchaîne-t-elle. D’après les chiffres existants, la prévalence brute des troubles anxieux a été de 2%. Ces troubles ont surtout atteint le genre féminin avec un taux de 66%. Dans la capitale, les suicides et tentatives de suicides entre 2014-2017, près de six cent deux suicidants et quatre-vingt-treize suicidés ont été répertoriés. Les adolescents et les jeunes adultes de 15 à 34 ans représentaient plus de 75 % des suicidants et 50,50 % des suicidés. Les facteurs de stress qui ont précipité l’acte étaient principalement dus à des conflits conjugaux pour 35,21% des suicidants. La méthode utilisée était l’ingestion d’une substance toxique non médicamenteuse ou médicamenteuse pour intoxication.

Prise en charge

Actuellement,la santé mentale est délaissée par rapport à d’autres domaines, alors que de nombreuses personnes souffrent de maladie mentale. En plus d’être méconnue, le coût de traitement est significatif pour le malade. « En termes de prise en charge, le prix des médicaments reste cher. Pour les médicaments psychotropes, le prix minimum est de 10 000 ariary alors que les malades ont besoin de plusieurs médicaments tout au long de leur prise en charge. La cherté de ces médicaments les contraint parfois à arrêter le traitement », déplore le Professeur. En ce qui concerne les spécialistes en santé mentale, ils sont en sous nombre, selon les chiffres fournis, il n’existe que deux professeurs agrégés en psychiatrie, deux en neurologie. Dans le pays, seul sept neuropsychiatres exercent auprès des plusieurs patients. Et enfin près de treize psychiatres. « Les spécialistes sont en sous effectifs. Sur la base des nombres de malades, on suppose qu’un spécialiste s’occupe d’un million de malade.Dans les îles sœurs, à l’instar de la Réunion, un psychiatre prend en charge mille habitants », indique-t-elle.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter