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Editorial

Footoir

Trois défaites en trois matches. Le tarif est plein pour les Barea. Il y a fort à parier qu’ils ont déjà perdu le match retour contre la RD Congo dimanche. Il est peu probable qu’il y ait du changement en deux jours. Depuis la belle aventure de la Can 2019, le ressort est visiblement cassé. Les Barea n’ont plus aucune envie de se battre à en juger leur prestation d’hier à Kinshasa. Aucun enthousiasme, aucune volonté, aucune détermination, aucune combativité. C’est une équipe sans âme qui est montée sur le terrain. Aucun fond de jeu, aucune stratégie, aucun changement de rythme. Pourtant l’équipe de la RD Congo était loin de valoir ses devancières que Madagascar avait battu en 2019 (2-2), en 2000 (3-1, 1-2) en 1999 (3-0,0-1). L’équipe d’hier était même la plus faible de toutes les versions des Léopards.

Mais tout est réuni pour que les Barea sombrent dans la médiocrité depuis l’année dernière où ils étaient incapables de marquer un but face au Mena du Niger pour se qualifier à la Can 2022.

La préparation était bâclée depuis le début des éliminatoires. Aucun match de préparation, deux jours de regroupement, une séance d’entraînement et c’est tout. Et on nourrit quand même l’espoir de disputer les phases finales du Mondial 2022 au Qatar. Il faut être sérieux. Si c’était possible de gagner dans ces conditions, l’équipe de France qui dispute une vingtaine de matches par an, ne perdrait pas son temps à Claire fontaine et à disputer des matches amicaux régulièrement.

Outre cette préparation à la légère, le manque de concentration a été également fatale aux Barea. Les joueurs sont sollicités de partout et perdent leur influx dans les invitations tardives et manquent de sommeil la veille du match. Il faut comprendre certaines choses dans le fonctionnement d’une équipe. L’entraîneur Éric Rabesandratana a tenté au début d’imposer une discipline de fer aux joueurs mais a très vite fini par céder aux us et coutumes du pays. Les entraînements ont dû être alignés au programme d’inauguration et autres festivités politiques.

Le fait de la choyer pour le besoin d’une communication excessive ne lui permet pas de donner un rendement maximum. S’il suffit simplement de gâter les joueurs pour qu’on gagne les matches, on battrait facilement le Brésil en mettant l’argent du FMI sur la table en guise de prime de victoire. Ils auront beau dormir dans une palace, ils perdront toujours.

Toutes les circonstances n’étaient pas favorables pour une victoire des Barea. Le grand désordre au niveau de la FMF a perturbé davantage la sérénité et n’était pas de nature à rassurer les joueurs. La veille du match, les membres de la Fmf ont le culot d’écarter leur président au cours d’une assemblée générale extraordinaire alors que la FIFA avait tout fait pour organiser l’élection en 2019. Autrement dit c’est la FIFA que l’assemblée générale de la FMF désavoue. Il est vrai que le président de la Fmf vient d’être condamné par la justice pour détournement de fonds. Mais comme la condamnation vient après la menace du président de la République de s’en prendre au « saboteurs du développement de la FMF », il est difficile de croire que le procès n’était pas politique.

Auparavant, le président de la Fmf a publié une no te excluant quatre membres du comité exécutif accusés de faute grave par rapport au statut. L’équipe était donc partie avec l’angoisse d’une possible sanction de la FIFA à cause de ce désordre. Impossible d’avoir la concentration nécessaire pour gagner ce match contre la RD Congo. Cela se voyait dans la prestation des joueurs, cela se sentait dans leur comportement. Aucune motivation, une démission générale de toute l’équipe. Les défenseurs ont été inexistants tout comme les milieux de terrain. Les attaquants étaient statiques. Aucun changement de rythme, aucune accélération.

C’est absolument normal. L’atmosphère délétère qui pourrit les relations entre les instances fédérales et celles de l’État rejaillit sur l’équipe. Eh oui, on a affaire à des hommes et non à des joueurs de babyfoot ou de play-station qu’on peut manipuler à sa guise. Aussi longtemps que l’on continue avec ce management de vouloir imposer une direction politique à l’équipe au détriment de la fédération, on aura toujours rendez-vous avec la déception et la désillusion. Ce n’est pas la présence du public qui pourrait renverser la vapeur dimanche même si on espère un sursaut d’orgueil des joueurs.

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