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Editorial

Série noire

Une saison cyclonique intense. C’est quoi encore cette nouvelle? On ne verra jamais le bout du tunnel. Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu pour mériter toute cette série de cataclysme naturel? On n’est pas encore totalement sorti de la pandémie de la Covid-19 que voilà le kere qui nous met à la une des journaux du monde. Un troisième front s’annonce avec trois à cinq cyclones intenses qui vont lécher nos côtes. Autrement dit il va falloir penser à des dégâts matériels, des pertes en vie humaine, des disparitions, des sinistrés, des coupures de route…comme l’année dernière. On n’aura pas l’occasion de se mettre au travail pour relancer l’économie mise à terre par le confinement et l’état d’urgence sanitaire. Au moins au passera la moitié de l’année à réparer les dégâts, à s’occuper des sinistrés et des sans abri, à distribuer de nouveau du Vatsy Tsinjo et du Tosika Fameno aux victimes. Tout cela va perturber le programme de développement établi et les velirano du président de la République. Avec le confinement, les travaux dans tous les projets ont accusé un retard. Deux ans ou presque sont déjà passés et on a perdu plus de temps dans l’assistanat et le secourisme que dans les chantiers du développement.

Ce qui est certain c’est qu’on va occuper la Une des médias étrangers pendant cette période. C’est le cas avec le kere dans le Sud. Les journaux étrangers ne se gênent guère pour publier la photo des enfants squelettiques et tétanisés par la faim et dont le seul habit reste leur peau. Mais c’est un peu notre propre faute. On se demande pourquoi on n’a pas su cette triste réalité plus tôt alors que les organismes onusiens avaient tiré la sonnette d’alarme depuis un certain temps. Pourquoi les gouverneurs, les députés, les maires du Sud n’ont jamais signalé cette situation? Les images ne pouvaient justement pas passer inaperçues. Elles sont insoutenables avec des enfants et des femmes âgées rongés par la faim et qui ne peuvent plus se lever et marcher. Cela suffit à la presse pour généraliser que c’est Madagascar qui meurt de faim. Un raccourci expéditif loin de réalité étant donné que la famine ne concerne que quelques communes rassemblant en tout quelques dizaines de milliers de personnes.

La saison cyclonique va tout perturber et détruire alors que le dégâts des cyclones antérieurs ne sont pas encore tous réparés. Le cycle est infernal et ne permet pas de s’atteler complètement à des projets de développement. Les séquelles du coronavirus vont durer quelques années pour les sociétés et entreprises. Les dégâts cycloniques vont aggraver la situation déjà précaire. Ainsi est notre sort. C’est ce n’est pas une fatalité, c’est au moins une malédiction qui frappe plusieurs régimes successifs.

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