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Parc national d’Ankarafantsika – Des forêts de la zone tampon incendiées

La situation est alarmante dans le Parc national d’Ankarafantsika, après les séries de feux qui ont consumé 1 308 ha en neuf mois. Avec un moment crucial vers fin septembre.

Jusqu’au 22 septembre, 1205 ha d’arbres ont été détruits par les incendiaires. L’escalade a été pire entre les 23 et 27 septembre, 103 ha de forêts ont été consumés par les feux. Tels ont été les dégâts de cette destruction du Parc national d’Ankarafantsika dans le district d’Ambato dans la région Boeny. Les chiffres ont été révélés par le directeur général par intérim de Madagascar National Parks (MNP), le Docteur Mamy Rakotoarijaona, et le
directeur régional de l’environnement de Boeny, Ihando Randrianjafy. C’était durant la conférence de presse qu’ils ont tenue le 1er octobre, dans les locaux de la Direction régionale de l’Environnement et du développement durable à Mahajanga-be.

« Une arrestation a eu lieu et la personne a déjà été déférée au parquet hier (ndlr : mardi 1er octobre). Une mission de répression est en cours, car d’autres supposés incendiaires ont pris la fuite. Les officiers de la police judiciaire de la Direction régionale de l’Environnement, de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale se chargent des enquêtes et de la poursuite. Les feux ainsi que le défrichement et d’exploitation illicite sont les charges », a expliqué le DIREDD Boeny, Ihando Randrianjafy.

Justification

Le résultat des enquêtes démontre que 1308 ha de forêts de la zone tampon ont brûlé jusqu’au 20 septembre au Parc national d’Ankarafantsika, En dépit de la gravité de la situation, le DG par intérim de MNP a tenté de justifier la démarche des incendiaires.

« Ces personnes qui brûlent les arbres pour en faire du charbon de bois sont comme nous. Ils cherchent du travail et sont en difficulté. Le petit sac de charbon de bois coûte 15 000 ariary. C’est la période de soudure, ils doivent survivre et c’est de l’argent facile car les clients qui ont un besoin en énergie ne manquent pas en centre-ville où le nombre des habitants n’est plus celui de 1980 », tente d’expliquer le DG.

MNP emploie aujourd’hui un millier de personnes et gère quarante-trois sites soit 2 600 000 ha de superficie. Autrement dit un employé est chargé de 2 600 ha. « Nous collaborons avec des VOI ou communautés villageoises de base sur place car ce n’est pas suffisant. Tout le monde doit participer dans la lutte contre les feux de brousse, c’est une obligation citoyenne. »

Mamy Rakotoarijaona a surtout contesté les informations véhiculées sur les réseaux sociaux comme facebook qui, dit-il, ne sont que des spéculations. « Ce n’est pas du tout le noyau dur qui a brûlé, mais une partie de la zone tampon. Le Parc national d’Ankarafantsika est constitué de 43 000 ha de noyau dur qui est la banque de la biodiversité, soit 8 000 ha de zone tampon. Une recherche de solution sur le phénomène de migration est envisagée actuellement », ajoute-t-il.

La mise en place d’une politique de développement communautaire autour des Parcs protégés, et des activités génératrices de revenus sont en voie de réalisation. Des activités doivent être créées autour du parc pour générer des emplois afin que ces immigrés ne détruisent plus les forêts.