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Editorial

Semences de pénuriz

Anticipation. Le Plan multisectoriel de relance prévoit l’importation de 200 000 tonnes de riz. Ce qui équivaut presque au double de la quantité requise pour combler le gap de la production nationale. Afin de satisfaire et couvrir les besoins annuels des consommateurs. Cette annonce suffirait-elle à étouffer dans l’œuf les embryons des velléités spéculatives?

Déjà qu’aujourd’hui, les prix au kilo des « vary gasy », « makalioka », « tsipala » et autres variétés des produits du terroir oscillent aux alentours des 2 000 ariary. Aucune baisse sur les étiquettes des épiceries de la capitale en-deçà de ce seuil psychologique n’a été observée. Même au moment fort de la moisson d’avril.

En tout cas, pour une fois, les dirigeants et « leurs associés » ne se laissent pas dépasser et devancer par les événements. Ils ont pris les devants sur une éventuelle « tristesse alimentaire » par la rupture de stocks de l’aliment de base des Malgaches. Sachant que le tonnage des récoltes dans les greniers à riz déjà à faible rendement à l’hectare, a été réduit de façon conséquente par les inondations.

Comme il s’agit d’un souci social à caractère et à forte valeur ajoutée politique, cette éventualité risque d’être mise à profit pour les opposants afin d’entretenir le misérabilisme ambiant. Durant la période dite de soudure, marquée par le début de la saison de pluie, où tout semblait aller de travers. D’octobre à mars.

Pouvant aussi rappeler les douloureux souvenirs de la belle époque du socialisme. Où l’économie planifiée, calquée sur le modèle soviétique n’a pas tardé à atteindre ses limites. Il a fallu que chaque ménage fasse la queue dès trois heures du matin pour avoir sa ration de riz. Une pitance des plus dérisoires, composée en grande partie de brisure.

Les coopératives agricoles, les officines de vente aux mains des apparatchiks et oligarques de l’Arema, d’un bout à l’autre de la chaîne de distribution, étaient autant de niches propices à la corruption. Pour mieux accentuer l’emprise du parti au pouvoir sur une population désemparée. Être membre et militant assidu de l’Arema procurait quelques avantages en nature. Via les incontournables « carnets » qui ont fait leur apparition à ces années de privation. Bien avant celle du « Vatsy Tsinjo ».

Contre toute attente, en 2005, le cauchemar a ressurgi. Quand le régime de Marc Ravalomanana n’a pas pu voir venir les conséquences de la hausse démentielle de la demande chinoise sur le marché mondial. Importer du riz relevait d’une gageure. Des files d’attente se sont aussitôt formées devant les points de vente agréée, tenus par des fervents partisans du TIM.

Marc Ravalomanana, pris de court par cette crise inattendue, a envoyé son émissaire faire le tour des pays asiatiques pour dénicher les réserves enfouies quelque part. Par sa performance, le « mandateur » a gravi tous les échelons de la hiérarchie politique du TIM. Avant de tomber au plus bas de l’échelle suite à sa défaite aux communales dans la capitale. Un certain soir du 12 décembre 2007. Et disparaître des écrans des radars politiques.

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