Notes du passé

Les différentes formes de la violence familiale dans la capitale

La violence, surtout familiale, empire de plus en plus à l’heure actuelle. Ce constat est observé depuis une décennie, par l’étude socioculturelle menée sur le thème à Antananarivo, fin 2000-début 2001, dans les fokontany d’Anatihazo-Isotry et Antaninandro, auprès du Service des mœurs et des mineurs de Tsaralalàna et de la Sûreté urbaine, ainsi que dans certains établissements hospitaliers et institutions spécialisées en rééducation des adolescents.

Avant d’entrer dans le vif du sujet et d’écarter toute confusion, les enquêteurs donnent quelques définitions. De la violence tout d’abord, qui, selon Larousse, est « un fait de nature à inspirer une crainte telle que la victime donne son consentement à un acte que, sans cela, elle n’aurait pas accepté ». Selon Robert, c’est « agir sur quelqu’un ou le faire agir contre sa volonté, en employant la force ou l’intimidation. Il s’agit aussi d’une force brutale pour soumettre quelqu’un ».

D’après la 4e Conférence mondiale sur les femmes à Beijing, en septembre 1995, il s’agit de « tout acte de violence en tant que tel et causant ou pouvant causer un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles et psychologiques, y compris les menaces de tels actes, la contrainte ou la privation de liberté ». Et selon l’Organisation des Nations unies, c’est « la conséquence d’un comportement suivi d’acte aux conséquences néfastes ».

Deuxième mot dont les définitions sont données, la famille qui, selon Larousse est « une entité biologique, psychologique, culturelle et sociale composée, dans sa simple expression, du père, de la mère et des enfants ». Pour Robert, elle regroupe « les personnes apparentées vivant sous le même toit et, spécialement, le père, la mère et les enfants ». Comme réalité humaine, « elle représente le lien des émotions initiales éprouvées par chacun
de nous et la première référence sociale qui conditionne l’expérience future », soulignent les enquêteurs. Quant à la « famille malgache», elle est étendue car elle est souvent constituée d’autres membres de la famille (neveux
ou nièces, frères et sœurs des parents…). C’est pourquoi on la qualifie d’élargie.

Enfin, la « violence familiale » désigne la violence qui se manifeste au sein de la famille, entre les époux, entre les parents et les enfants. La violence domestique, elle, représente la violence qui se produit dans le foyer, sur les personnes qui ne sont pas membres de la famille comme les employés de maison.

D’après les enquêteurs, l’étude statistique et les interviews des personnes concernées, mènent à divers résultats. Ainsi, ils peuvent constater que la violence au sein du foyer revêt diverses formes. La violence physique est un comportement agressif qui a pour cible le corps. Il consiste à bousculer, pincer, cracher, donner des coups de pied ou de poing, tirer sur les cheveux, gifler, torturer, frapper, étouffer, brûler, porter des coups de couteaux, jeter de l’acide ou de l’eau bouillante, ou attaquer avec une arme à feu…

Ces sévices physiques s’accompagnent souvent d’abus sexuels au cours desquels la victime est contrainte de pratiquer des actes sexuels contre son gré. « Tout refus de contact sexuel ou tout comportement pouvant entrainer chez la femme ou chez l’homme un sentiment de frustration, de doute ou de culpabilité quant à sa capacité de susciter un désir sexuel, relève également de la violence sexuelle. »

Quant à la violence psychologique ou morale, elle peut se traduire par des sévices psychologiques ou mentaux : attaques incessantes, harcèlements, volonté de possessions excessives, privation de ressources matérielles et économiques, femme isolée de sa famille ou de ses amis, limitation de son droit de regard sur le revenu familial, menace de violence voire de mort, chantage au suicide ou au divorce, menace d’abandon. Bref, « c’est une violence sous une forme indirecte, mais qui a un impact concret sur la vie des gens ». D’après les enquêtes réalisées auprès des victimes, 47% subissent la violence physique, 29% la violence morale et 24% la violence sexuelle.

En outre, l’étude permet aux enquêteurs de distinguer deux formes principales de violence au sein de la famille, l’une dans les relations conjugales, l’autre dans les relations filiales. Dans le premier cas qui implique mari et femme, celle-ci se voit obliger de se soumettre à son époux, comme ce dernier, mais rarement, peut subir des attaques de sa femme. Dans le deuxième cas, l’enfant est victime de mauvais traitements, de privations de ses droits, d’abandon par ses parents chez d’autres membres de la famille ou chez des gens de connaissance, ainsi que des attaques verbales non maitrisées. L’observation des victimes faite dans le service des urgences, indique que 80% sont des femmes, 11% des enfants et 9% des hommes. D’ailleurs dans la violence entre les époux, les statistiques établies ne montrent que la partie émergée de l’iceberg.

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