Accueil » Régions » Région Diana – Place aux femmes entrepreneures
Régions

Région Diana – Place aux femmes entrepreneures

Ces derniers temps , un vent de changement souffle dans la région Diana. Un groupe de femmes entrepreneures n’a pas attendu d’autre initiative pour donner naissance à leur association dont l’ambition est de lever les freins à la création d’entreprise par les femmes.

C’EST une grande première dans cette région car un premier regroupement des femmes entrepreneures Antsiranaises a vu le jour. Lancée en mars dernier , il s’agit d’une association, dénommée FIMAMA ou «Fitambaran’ny Magnan­- gin’Antsiranana Miatriky Asa », (Association des Femmes Autonomes ), ayant pour slogan « Magnangy miasa, miaraka, fanoitra ho an’ny fampandrosoagna »(ndlr : une femme qui travaille, en solidarité avec d’autres femmes comme elles, sont un pilier du développement). En gé­né­ral, elle a pour objectif de valoriser l’entrepreneuriat féminin dans la région sous toutes ses initiatives .

Conciliant vie privée et professionnelle, ces femmes ont des parcours et des profils très différents. Elles sont issues de différents secteurs comme le commerce, l’agribusiness, la construction, l’environnement, l’arti­sanat, la collecte et exportations de matières premi­ères… Mais toutes expriment le besoin de rompre l’isolement. Le mot d’ordre, c’est oser relève Annick Andria­nanja , opérateur touristi­que, une des membres fondatrices de ladite association. « Assumer sa condition féminine et son statut de chef d’entreprise. Et aller de l’avant » a-t-elle affirmé..

Selon les explications de la présidente Landephine Miharimbola, vingt et quatre adhérentes ont déjà intégré le groupe. Elle a aussi relevé qu’ il ambitionne de double r prochainement ce chiffre. Ce sont des chefs d’entreprises, mais aussi des femmes porteuses d’un projet de création ou de reprise d’activité.

Forte de cette montée en régime, l’organisation a décidé d’officialiser son existence. La cérémonie s’est tenue, fin de semaine dernière, dans les locaux de la Chambre de Com­merce et de l’Industrie d’Antsi­ranana, en présence des hautes personnalités régionales dont leur Président d’honneur Laou Po Wing Wilfrid, non moins président de la Chambre de Commerce de l’Industrie d’Antsiranana « La date d’aujourd’hui revêt pour nous tous, une signification particulière, dans la mesure où elle marque un événement important pour vous. Notre rassemblement sera un précieux sésame capable de nous ouvrir les portes d’excellence. Elle sera le fruit, bien mérité de notre tenacité et surtout de notre courage » a indiqué la Présidente. Elle a en outre encouragé les membres à bien travailler pour que l’entrepreneuriat féminin puisse viser la création de richesses et le développement économique, ou ceux relatifs au développement humain et social. Et d’ajouter que l’avenir économique de la région et de la nation est devant les femmes.

Entrepreneuriat féminin Ce cercle des créatrices d’entreprises a mis en lumi­ère que « les femmes rencontraient davantage de difficultés que les hommes à se créer un écosystème entrepreneurial, à cultiver leur réseau professionnel ». Cette cérémonie a aussi tiré comme enseignement que « passé le scepticisme des femmes dans ce domaine, elles réussissaient généralement mieux que leurs homologues masculins ». D’où la préconisation « d’un accompagnement renforcé pour tendre vers un entrepreneuriat féminin complètement décomplexé ». Et ce regroupement joue à plein cette fonction.

Parcours du combattant

Ainsi, l’association met en avant des portraits de femmes et organise des événements qui favorisent la rencontre sur des problématiques entrepreneuriales. Le but est de donner de la visibilité aux femmes entrepreneures via des rencon­tres et des événements qui favorisent le partage d’expérience.

Pour ce faire, elle a déjà initié un projet de mise en place d’une unité de transformation de fruits dans ladite région. Une rencontre avec le Président de la Répub­lique Andry Nirina Rajoelina a déjà eu lieu pour la concrétisation de ce projet. En outre, d’autres projets en collaboration avec les programmes FDA et PIC seraient sur le rail. Les membres de FIMAMA sont toutes convaincues que jusqu’ici créer une entreprise est un vrai parcours du combattant, entre la rédaction des statuts juridiques, les différentes formalités administratives, le dépôt du capital à la banque… Le problème, quand on est une femme, c’est qu’on fait face à des jugements qui ne s’expriment pas.

Peur de ne pas être crédible, peur de ne plus pouvoir con­cilier vie pro et vie perso, les investisseurs sont souvent plus frileux à l’idée de prêter à une fem­me, perçue comme moins compétente ou moins engagée qu’un homme dans son projet. Ce qui freine encore le dévelop­pe­ment de l’entrepreneuriat féminin dans la région septentrionale de la Grande Île. Sans parler, les obstacles locaux comme l’entourage familial ou les amis proches.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter